Paolo VERONESE

Bethsabée au bain

Recherches effectuées par Mathieu

Véronèse

L’œuvre de Véronèse

Véronèse est associé au courant maniériste qui succède à la peinture de la Renaissance aux alentours de 1530. La peinture de la Renaissance s’était caractérisée par une retranscription fidèle et harmonieuse de la nature. Le maniérisme s’en détache en rompant avec l’exactitude des proportions, des perspectives ou des hombres pour accentuer le côté dramatique ou émotionnel d’une œuvre.

Véronèse est un spécialiste des visages dont il arrive à représenter les sentiments et les émotions fortes.

Son œuvre est variée et à l’image de celles de Titien ou du Tintoret, et influença bon nombre de grands peintres tels que Velasquez, Rubens, Delacroix ou Cézanne.

Enfance et Formation

Naissance vraisemblable en 1528 sous le nom de Paolo Caliari. Il nait à Vérone, ce qui lui vaudra son surnom de “Paul Véronèse”.

Son père, Piero di Gabriele, est architecte et tailleur de pierre. Avec son épouse, Catarina, ils eurent dix enfants dont Véronèse, qui est le septième.

Très jeune, il commence à travailler dans l’atelier de son père à Rome. Il y acquiert une habileté de modeleur, mais il manifeste très vite un penchant pour la peinture.

Son père le place comme apprenti chez l’un de ses oncles: Antonio Badille, issu d’une vieille famille de peintres locaux et qui possédait un atelier.

Il étudie alors, outre les œuvres de Badille, qui deviendra plus tard son beau-père, celles des autres artistes de Vérone et des alentours comme les fresques et tableaux de Giovanni Maria FalconettoDomenicoet Francesco MoroneGirolamo Dai LibriGiovanni Francesco CarotoFrancesco Torbido, etc.

GM Falconetto fresque cathédrale de Véronne (environ 1520)

Vierge à l’EnfantNational Galleryde Londres. Francesco Morone (environ 1500)

Domenico Morone L’Expulsion des Bonacolsi(1494), Palais ducal de Mantoue.

Portrait d’une dame, par Giovanni Francesco Caroto Louvre 1505

Avant ses vingt ans, Véronèse avait déjà signé plusieurs tableaux, plusieurs retablespour des églises de Vérone et décoré des façades de maisons, ce qui lui avait donné une certaine réputation.

Femme avec un enfant et un chien Louvre 115 x 95 1546-1548

Il a 19 ans (c’est une riche veuve de Vérone)

Parmi les retables, il faut citerla palaqui est l’un des premiers chef-d’œuvre de Véronèse réalisée avant 1548pour la chapelle de la famille Bevilacqua-Lazise.

Des débuts prometteurs

En1548, il quitte sa ville natale et, grâce à sa renommée grandissante, il obtient et exécute plusieurs commandes.

Mise au tombeau collection particulière 210 x 170 1548-1549

Il se rend quelque temps à Tréviseoù, en 1551; l’architecteMichele Sanmicheli le charge, avec le peintre Giovanni Battista Zelottide décorer lavilla Soranza, qu’il venait de construire. Son travail y est remarqué par un cardinal qui, l’année suivante, lui commande un tableau pour la cathédrale de Mantoue, la Tentation de saint Antoine (musée des beaux-arts de Caen).

Tentation de St Antoine MBA Caen (200 x 150)1551

Par la suite, il décore la villa Emo à Fanzuolo, dans la province de Trévise. On lui confie également la décoration du palais du Collatéral, à Thieneoù, toujours en compagnie de Giovanni Battista Zelotti, il réalise, dans un style déjà très libre et personnel, plusieurs peintures de l’histoire ancienne (Xerxès recevant les présents de Cyrusle Mariage de Massinissa et de SophonisheMucius Scaevola se brûlant le poingle Festin d’Antoine et de Cléopâtre).

En 1560, il fait un voyage d’étude à Romeoù il découvreRaphaël et Michel-Ange. Il y séjourne pendant deux ans.

L’installation à Venise

En 1552, il obtient une première commande pour une église de Venise pour laquelle il réalise une Conversation sacrée.

L’année suivante, sa réputation toujours grandissante amène le père Bernado Torlioni, prêtre de l’église San Sebastiano à Venise que Véronèse avait rencontré à Vérone, à le faire venir auprès de lui pour lui confier les peintures de l’église.

Il s’installe donc à Venise en 1553. Les commandes officielles sont nombreuses car il est devenu le « peintre de la République». Il réalise notamment, en compagnie des peintresGiambattista Ponchinoet Giovanni Battista Zelotti, les fresques des salles du conseil des Dix aupalais des Doges.

Véronèse exécute notamment le médaillon central du plafond de la Salle des audiences : Jupiter foudroyant les Vices.

Jupiter foudroyant les Vices Louvre 650 x 330 1553

En 1555, il entreprend la réalisation du plafond de la sacristie de l’église San Sebastiano avec le Couronnement de la Vierge.

Le couronnement de la vierge église San Sebastiano 1555

On lui demande ensuite des panneaux ronds, ovales ou carrés, destinés à être insérés dans le plafond de la nef. Il y raconte trois scènes du “Livre d’Esther”Esther présentée au roi Assuérusle Couronnement d’Esther et le Triomphe de Mardochée achevées fin 1556, onze mois (assez rapide vu les bestiaux) après leur commande. Cette série de chefs-d’œuvre a fait de cette petite église un lieu de pèlerinage pour tous les peintres postérieurs.

Le Couronnement d’Esther église San Sebastiano 450 x 370 1556

Le triomphe de Mardochée église San Sebastiano 500 x 370 1556

Avec le soutien de Titien, il est désigné, avec six autres peintres renommés dont Le Tintoret, pour participer à la décoration du plafond de la salle de la Libreria de la bibliothèque Saint-Marc.

Il réalise une série de 21 médaillons notamment trois allégories(la Musiquela Géométrie et l’Arithmétiquel’Honneur) pour lesquelles il obtint une prime, un collier d’or, qui lui est décerné publiquement par Titien.

La musique Bibliothèque Marciana d 230cm 1556-1557

L’honneur Bibliothèque Marciana d 230cm 1556-1557

Véronèse retourne quelques mois à Vérone en 1557.

La maturité

Véronèse revient à Venise où il est devenu le peintre à la mode, le décorateur favori des nobles et des ecclésiastiques. Sa popularité dépasse le seul cadre de la ville et s’étend aux provinces avoisinantes. Il reçoit des commandes de toute nature, des fresques ou des tableaux, des sujets profanes ou sacrés, des allégories ou des portraits…

Adoration des bergers Basilique de San Zanipoli Venise 1558

Véronèse s’est peint sur le tableau, le trouverez vous?

Assomption de la Vierge Basilique de San Zanipoli Venise 340 x 455 1558

Portrait d’une Vénitienne La belle Nani Louvre 120 x 100 1560

Le Fauconnier Fondation Bemberg Toulouse 220 x120 1560

En 1562, Véronèse entreprend la décoration de la villa Barbaro enVénétie. De très nombreuses pièces sont décorées des fresques de Véronèse et, partout, l’espace architectural est mis au défi grâce à l’usage de trompe-l’œil.

Salle cruciforme villa Barbaro 1562

À cette même période, entre 1562 et 1563, Véronèse peint la plus célèbre de ses œuvresLes Noces de Cana qui lui avait été commandée pour le réfectoire du monastère bénédictin de Penquesten situé sur l’Île de San Giorgio Maggiore, à Venise.

Les noces de Cana Louvres 670 x 990 1563

Comme dans d’autres tableaux de Véronèse représentant un banquet, la scène reflète les festivités qui étaient courantes à l’époque dans la vie vénitienne. La peinture est immense avec presque dix mètres de large et elle contient plus d’une centaine de personnages, dont les portraits reconnaissables deTitien, de Tintoretto, et de Véronèse lui-même.

Au centre de la tablée, à l’endroit que devraient occuper les mariés se trouve Jésus Christ entouré de sa mère Marie, de ses disciples, de clercs, de princes, d’aristocrates vénitiens, du peuple et de nombreux serviteurs. Tous deux sont nimbés d’une auréole, celle du Christ est la plus lumineuse. Les mariés, eux, sont à l’extrême gauche de la toile, relégués en bout de table.

On voit qu’il est plus intéressé par la “jet-set” vénitienne que par le sujet religieux.

Il retourne dans sa ville natale de Vérone où, en 1566, il épouse Elena Badile avec qui il a quatre enfants dont Carlo et Gabriele qui travailleront avec lui plus tard.

En 1573, il défie le tribunal de l’Inquisition qui lui reproche des licences prises par rapport aux textes saints dans une Cène et qu’il sera condamné à amender. Véronèse n’en fera rien et préfèrera rebaptiser simplement son œuvre du nom de Le Repas chez Lévi, qu’elle porte encore aujourd’hui, bien qu’il s’agisse en réalité du dernier repas du Christ.

Le repas chez Lévi Gallerie dell’Accademia de Venise 555 x 310 1573

On lui reproche d’avoir ajouté à l’épisode religieux quantité de personnages secondaires et anecdotiques, dont un perroquet ou encore deux hallebardiers buvant et un serviteur saignant du nez, tout comme des animaux nuisant à la solennité de la Cène. La réponse nous est restée :

« Nous, les peintres, prenons des libertés tout comme les poètes et les fous ».

La dernière période

Entre 1575 et 1577, Véronèse réalise, au palais des Doges, le Triomphe de Venise pour la salle du Grand Conseil et les Allégories de la Vertu pour la salle du Collège qui comptent parmi ses grands chefs-d’œuvre.

Triomphe de Venise Palais des Doges Venise 900 x 580 1575-1577

À partir de 1575, Véronèse s’intéresse davantage aux paysages, il abandonne progressivement les grandes compositions et porte plus d’intérêt aux petits formats où il s’exprimera d’une manière très lyrique. C’est de cette époque que datent les scènes mythologiques comme L’Enlèvement d’Europe et La Mort de Procris.

L’enlèvement d’Europe Palais des Doges Venise 240 × 303 1580

La mort de Procris MBA Strasbourg 160 x 190 1580

C’est de cette époque que date le tableau de Lyon

Bethsabée au bain MBA Lyon 190 x 225 1575

Le tableau représente une scène biblique : Bethsabée aperçue par le roi Daviddu haut de la terrasse de son palais tandis qu’elle se baigne le soir. Mais une incertitude plane quant au sujet représenté, bien qu’il soit généralement convenu qu’il s’agisse bien de Bethsabée au bain : la scène pourrait représenter un autre épisode biblique, à savoir celui de Suzanne, femme très belle, qui, un jour de chaleur, se baigne et est épiée par deux vieillards (ce seraient les personnages sous les arcades à l’arrière-plan) qui lui font des avances infructueuses puis l’accusent injustement d’adultère.

Il en a fait un autre plus explicite.

Suzanne au bain Louvre 198 x 198

Véronèse réalise cette œuvre pour un client vénitien, comme le montrent certains détails : le vieil homme, notamment, porte la cape d’or à gros boutons caractéristique des doges deVenise.

Il envisage de concourir pour l’exécution d’une représentation du Paradis au palais des Doges. À ce concours qui a lieu entre 1578 et 1582, les artistes vénitiens les plus importants participent, dont le Tintoret.

Véronèse est déclaré lauréat avec Francesco Bassano, et il lui est confié l’exécution du groupe central. Il ne réalisera pas ce projet, mais on peut voir à Lille une esquisse préparée pour ce concours.

Un nouveau concours est organisé après la mort de Véronèse et c’est Jacopo Tintoretto qui réalisera le travail avec son fils.

Véronèse, qui meurt d’une pneumonie en 1588 à 60 ans, est enterré dans l’église San Sebastiano dont il a peint un grand nombre de fresques.

Après son décès, son frère Benedetto Caliari et deux de ses fils, Carlo et Gabriele qui héritent de l’atelier de Véronèse, achèvent certaines peintures que leur père n’avait pas finies, sous le nom des « Haeredes Pauli ». Gabriele sera le dernier survivant de cet atelier et continue à peindre au moins jusqu’en 1603.

L’IMPRESSIONNISME

Recherches effectuées par Philippe

1872 Claude Monet Impression soleil levant

L’IMPRESSIONNISME- 1ère PARTIE

contexte historique et artistique

Le 19ème siècle, secoué par une révolution industrielle sans précédent, se voit être le théâtre de changements dans de nombreux domaines.

Situation politique en 1874:

Conséquence aussi de l’onde de choc que représente la Révolution Française, le pays est durant tout le 19ème siècle dirigé par une successions de régimes tout aussi différents qu’opposés (2 empires, 2 républiques, 3 royautés et 3 révolutions 1830, 1848, 1870). Ces désordres ont pour conséquence une mixité sociale accélérée qui donne une fluidité accrue aux idées nouvelles.

Par une politique expansionniste de conquêtes territoriales et économiques (le Colonialisme), des nouveaux univers se révèlent en Europe: les Arts premiers, l’Orient et le Japon (vers 1860) . Les artistes, en premier lieu, sauront y puiser de nouvelles sources d’inspiration.

Des découvertes qui changent le monde:

L’invention de la machine à vapeur est sans nul doute l’élément déclencheur de la transformation du monde. Grâce à elle, les distances se réduisent et la vie s’accélère (trains et bateaux à aubes). La capacité à produire se multiplie partout sans avoir recours à la force hydraulique ou éolienne, La multiplication des manufactures et l’exploitation des mines de charbons nécessaire aux machines à vapeur entraînent la naissance d’une nouvelle classe sociale, urbaine et nombreuse: le prolétariat.

L’hygiène devient une réelle préoccupation ( L. Pasteur) et permet ainsi un accroissement important de la population mondiale ainsi qu’une approche différente de sa propre vie. Dans les classes aisées , le tourisme et les vacances (villes d’eaux et bains de mer…) apparaissent, temps libéré du joug du travail perpétuel.

En guise de transition, la peinture est bousculée par la découverte de la photographie (1826). Des pans entiers relevant alors de son domaine sont menacés (le portrait) ou disparaissent (la miniature).

Plus modestement, la fabrication de tubes de peinture (Lefranc-Bourgeois-1841) en étain avec pas de vis va permettre aux peintres de sortir des ateliers, de démocratiser une profession jusque là très fermée.

La peinture en France à l’aube de 1874:

L’art officiel:

le monde de la peinture en France est dominé par le Salon.

Créé en 1648 par Mazarin, l’Académie Royale de peinture et sculpture expose à partir de 1667 les productions françaises.

Se déroulant à partir de 1699 au salon carré du Louvre, cette manifestation (annuelle à partir de 1832) prend le nom de Salon.

Les oeuvres, envoyées par les artistes, sont sélectionnées par les représentants de l’Académie des Beaux Arts, eux-mêmes artistes pour avoir le droit d’accéder aux cimaises du Salon (voir « l’oeuvre  » d’Emile Zola).

D’une façon générale, ce jury n’est guère attentif aux idées novatrices qui traversent l’art français. Issus des 2 principaux courants qui traversent le siècle, le Néoclassicisme (David) et le Romantisme (Delacroix) , ces peintres académiques sont appelés de façon péjorative les Pompiers.

Respectueux de la hiérarchie des genres élaborée dès le 17ème siècle dominée par la peinture historique et mythologique , les autres sujets comme le paysage et la nature morte se voient relégués en fin de classement. Les peintres du renouveau sauront se souvenir de cet état et bousculeront ainsi les genres.

Souvent teinté d’érotisme et d’Orientalisme , cette peinture est très appréciée à l’époque car elle est le reflet de la société bourgeoise, conquérante, libertine et hypocrite en quête de culture.

L’amorce de la tempête:

Face à cette situation pesante, en marge, une autre peinture apparaît, plus « simple » et surtout plus en phase avec la réalité de l’époque.

Grâce aux déplacements facilités par le chemin de fer, des peintres se regroupent en périphérie de la capitale, Paris, pour redécouvrir le paysage comme l’ont déjà fait en Angleterre J. Constable et W. Turner.

Le groupe de Barbizon voit le jour

ainsi que celui de Crozant dans la Creuse. Une clientèle bourgeoise apparaît qui ne veut plus de « grandes machines » désirant décorer son intérieur avec un retour vers le végétal.

Thème récurrent depuis la peinture flamande du 17éme siècle, la vie quotidienne

revient au devant de la scène avec comme artisan principal, G. Courbet qui « invente » le Réalisme.

Le Franc Comtois peint le monde tel qu’il est et non comme il pourrait ou devrait être. Son « enterrement à Ornans » montre des paysans ordinaires sans grande pompe ni faste artificiel. Exposé en marge de l’exposition universelle de 1855 son « atelier du peintre » fait lui aussi scandale par sa simplicité, si peu « artistique » pour l’époque..

Devant le nombre et la colères des peintres évincés du Salon, Napoléon III crée

le Salon des refusés en 1863. Lors de cette exposition , première brèche dans l’immobilisme de l’époque, E. Manet y expose son « déjeuner sur l’herbe » qui par son naturel et aussi son audace (une femme durant une partie de campagne se montre nue en présence de 2 hommes habillés à la façon de l’époque) déclenche les ires des amateurs et marque un des éléments principaux d’un art nouveau.

L’IMPRESSIONNISME- 2ème PARTIE

Ses peintres et ses perspectives

Un groupe de peintres issu de ces idées nouvelles se forment autour de E. Manet et prend l’habitude de se réunir au café Guerbois (situé aujourd’hui au 9 avenue de Clichy). On y rencontre entre autres : Bazille, Degas, Monet, Renoir , Sisley. De ces réunions souvent exaltées, naît « la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs » en décembre 1873.

Cette association organise sa première exposition dans l’ancien atelier du célèbre photographe Nadar au 35 Boulevard des Capucines du 15 avril au 15 mai 1874. 30 artistes aux styles hétéroclites y participent.

Contrairement à une idée reçue, cette manifestation n’est pas rejetée en bloc par la critique.

Cependant le mot « impressionniste » apparaît en terme péjoratif sous la plume de Louis Leroy dans un article pour le Charivari à propos du tableau de Claude Monet « impressions au soleil levant« . Ce mot sera retenu pour décrire ce style novateur qui va bousculer l’art en place.

« Impressions, j’en étais sûr, je me disais aussi puisque je suis impressionné, il doit avoir de l’impression là-dedans…et quelle liberté, quelle assurance dans la facture! Le papier peint à l’état embryonnaire est encore plus fait que cette marine là. »

Dans des lieux différents, cette société organisera 8 expositions devenant au cours du temps l’endroit principal où se montrera la peinture impressionniste.

Sans être définie par une charte ou un manifeste, la peinture impressionniste

peut se définir comme étant:

-de petits formats.

-faite de coups de pinceaux visibles, avec une composition ouverte (innovation venue de la photographie) et parfois dans un angle inhabituel (comme chez G. Caillebotte).

-une peinture prise sur le vif aussi bien avec la lumière changeante (Monet et la cathédrale de Rouen par exemple) que le mouvement (Degas avec les courses de chevaux).

-soucieuse du quotidien au détriment de l’Histoire, avec une place importante consacrée au paysage.

– un hymne à la couleur au détriment de la ligne et au dessin.

Au fil de ces expositions, quelques peintres vont se greffer au groupe initial:

Gustave Caillebotte (1876), Mary Cassatt (1879, Paul Gauguin (1979), Georges Seurat et Paul Signac (1886).

Bien que figure initiale et marquante de ce mouvement, Frédéric Bazille, trouvera la mort durant la guerre franco-prussienne de 1870.

On ne peut évoquer l’Impressionnisme sans mentionner la figure de Paul Durand-Ruel, marchand qui par son dynamisme et sa clairvoyance, a rendu son succès mondial possible. En organisant rapidement et judicieusement des expositions aux Etats Unis (Boston 1883 et New York 1886), il a imposé cette nouvelle façon de voir le monde et installé cette révolution sur Paris qui deviendra ainsi la capitale de la Modernité jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.

Même si beaucoup de ces peintres resteront fidèles à ce style, certains

d’entre eux évolueront vers des « ambiances » qui secoueront à nouveau la Peinture:

-Guillaumin et Gauguin vers le Post-impressionnisme.

-Seurat et Signac vers le Pointillisme.

-Monet vers l’Abstraction avec sa série des Nymphéas.

Fernand LEGER

Recherches effectuées par Colette

Fernand LEGER Les deux femmes au bouquet 1921

Léger, c’est du lourd !! oui , c’est un touche à tout, c’est un curieux ,

un « humaniste » de « l’esprit nouveau » ou du « nouveau réalisme » en une période historique où tout est bouleversé entre deux guerres mondiales et développements industriels et technologiques…etc

Il travaille avec des architectes, s’intéresse à la photo , dessine, peint , sculpte,mais pas que ,il enseigne, il va donner de nombreuses conférences dans le monde entier , il réalise des costumes et des décors pour les ballets, le spectacle, l’opéra. Il va s’intéresser aussi au cinéma en réalisant un film (le meilleur de l’avant garde ) et en participant aux décors et costumes et affiches d’autres films . Il fait de l’illustration , de la typographie, de la mosaïque, des vitraux, des céramiques etc..etc…

Fernand Léger, peintre français, naît le 4 février 1881 à Argentan. Il décède le 17 août 1955 à Gif-sur-Yvette.

ll dit de lui qu’il a un aspect de « brute au physique désavantageux »qu’il attribue à son père éleveur en Normandie, ça et son franc-parler ont souvent fait passer Fernand léger pour le « paysan de l’avant garde »

Elevé à Argentan en basse Normandie entre une mère et une gouvernante catholiques et sévères

Renvoyé du collège des pères de Tinchebray, il va travailler chez un architecte de 1897 à 1899. l’architecture le passionnera toute sa vie

– une première formation pratique qu’il complètera chez un photographe

et la retouche photographique à l’encre et avec de fins pinceaux et découvre la pose qui est alors de rigueur, il y étudie la physionomie .

– 1900 Léger arrive dans un Paris où foisonnent les idées nouvelles .

Il y retrouve ses amis d’enfance André Mare et Henri Viel

– 1903 il est refusé à l’école des Beaux Arts, il se forme à celle des arts décoratifs, en même temps il fréquente en auditeur libre l’atelier de Gérôme et l’Académie Julian et le Louvre

Léger y apprendra le refus de la sentimentalité, la rigueur de la perception, la concentration sur le dessin et les structures essentielles. Et aussi il découvrira les échanges d’idées et la construction plus tard d’une œuvre collective .

à cause d’une maladie pulmonaire , il séjourne à deux reprises en Corse chez son ami Henri Viel .(fonctionnaire de l’enregistrement ami et peintre) il y découvre la lumière de la méditerranée et les contrastes tranchants

– 1904 – 1905 il peint des œuvres d’influence impressionniste ou post-impressionniste

Les fortifications d’Ajaccio

La plupart des peintures de Léger exécutées avant 1910 sont perdues ou détruites par l’artiste lui-même.

À Kahnweiler son marchand en 1919 il écrit : «  Tout ce que j’ai produit de 1902 à 1908 a été détruit au fur et à mesure de la production . Cela a été la période la plus pénible de ma vie »

– 1907 il visite la rétrospective Cézanne au salon d’automne

pour lui, Cézanne, est le seul impressionniste qui trouve grâce à ses yeux,il suivra les conseils de Cézanne : « Il faut traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône » il aura beaucoup de mal à quitter l’emprise de Cézanne et dira que ça été une véritable bataille et que pour y arriver il est allé jusqu’à l’abstraction .

– 1908 il s’installe à La Ruche qu’il fréquente depuis 1907 . La Ruche est un rassemblent les artistes de l’École de Paris, implantés dans le quartier du Montparnasse. et il rencontre Modigliani, Delaunay, Apollinaire, Cendrars, Soutine, Chagall etc.… c’est une véritable immersion dans l’avant-garde parisienne

–1909 « la couseuse »

(début de la période cubiste )La Couseuse symbolise son entrée dans le Cubisme géométrique ou tubiste . La femme représentée (sa mère) y arbore une forme robotique, machinique.

S’il fut proche des peintres cubistes, c’est surtout par un souci, commun avec eux, de s’opposer à l’impressionnisme, considéré comme une décadence de la peinture

– 1911 il déménage 13 rue de l’ancienne-Comédie .

Il présente « Nus dans la forêt »(120 x 170 cm) au salon des indépendants.

Série « des toits et des fumées »

En s’éloignant de l’objet pour retenir ce qui pouvait rendre signifiant son dynamisme, Léger a senti, lui aussi, que la réduction de cette réalité à la géométrie était une solution. En témoignent des œuvres aussi majestueusement élaborées que : la Noce FernandLéger, 1911-1912Huile sur toile, 257 x 206 cm

– en 1912 au salon d’automne il montre « la femme en bleu »

et participe en octobre à la galerie La Boétie, au salon de la sélection d’or ou Le Groupe de Puteaux est un regroupement d’artistes célèbres rattaché au mouvement artistique cubiste. La Section d’or a disparu avec l’arrivée de la guerre.

– en 1913 il signe un contrat avec Daniel-Henri Kahnweiler ( qui expose déjà Braque et Picasso) qui confirme sa réputation et surtout qui lui permet de vivre même difficilement de sa peinture

– 1913 première conférence à l’académie Wassilieff En 1911, Marie Vassilieff fonde l’Académie russe de peinture et de sculpture au 54, avenue du Maine mais dès 1912, elle ouvre l’« Académie Vassilieff2 » qui devint un lieu de rencontre pour l’avant-garde de l’art de cette époque à Paris :

« les origines de la peinture et sa valeur représentative »

expositon de l’Armory Show à New-York c’est une exposition internationale d’art moderne organisée par l’Association des peintres et sculpteurs américains qui s’est tenue à New York du 17 février au 15 mars 1913.

et premier salon d’automne à Berlin

Fernand Léger a ainsi très vite dépassé le cubisme, trop statique selon lui

mais la guerre va briser ce premier départ momentanément .

– il est mobilisé le 2 Août 1914 (brancardier sur le front d’Argonne) jusqu’en 1917 et il témoignera de cette terrible expérience dans sa correspondance et ses dessins .

Il sera gazé à Verdun .(en fait il s’est fait porté pâle et hospitalisé pendant une permission , il rentrera sans galon, sans décoration , malade et ruiné )il n’a jamais été un héros mais est resté un homme lucide .

–1917 hospitalisé, puis réformé ; « la partie de carte »

c’est une huile sur toile de Fernand Léger peinte en 1917. Œuvre cubiste, elle montre une partie de cartes entre des soldats français de la Première Guerre mondiale, qui ont plus l’air de robots que d’êtres humains. il découvre au front « le peuple » son énergie , son inventivité et décide de le réconcilier avec le dynamisme de l’art moderne par l’opposition au « beau modèle » de la tradition , le « bel objet »de l’industrie

La guerre, faite en première ligne, comme brancardier parmi les sapeurs du génie, est le choc déterminant qui cristallise son orientation artistique et sociale, son appartenance populaire et le culte solidaire de la beauté mécanicienne

cette guerre est pour lui , comme pour ses contemporains , une grande rupture qui entraîne le chaos, la tragédie et la perte d’amis .

Paradoxalement , il découvre les machines destructrices, mobiles, métalliques et il utilisera désormais l’esthétique de l’objet usiné dans ses compositions .

Il découvre les films de Chaplin qu’il considère comme le personnage le plus cubiste qui soit .

pour lui le cinéma est un art jeune , libre et sans traditions donc il aime le cinéma qui le fascine

–1918 il signe un contrat avec Léonce Rosenberg . Marchand et éditeur d’art

Série « des Disques », début de la période mécanique

–1919 1ère exposition perso chez Rosenberg, il illustre la fin du monde par l’Ange Notre Dame de Blaise Cendrars .

Le 2 décembre il épouse Jeanne Lohy , un mariage qui devient un arrangement dès 1926 .

Sans divorcer, il reprend sa liberté .

–1920 il rencontre Charles-Édouard Jeanneret-Gris, plus connu sous le pseudonyme de Le Corbusier,

un architecte, urbaniste, décorateur, peintre, sculpteur et homme de lettres suisse naturalisé français. Chez Rosenberg il rencontre Mondrian Pieter Cornelis Mondriaan, appelé Piet Mondrian1 à partir de 1912, né le 7 mars 1872 à Amersfoort aux Pays-Bas, et mort le 1er février 1944 à New York, est un peintre néerlandais reconnu comme l’un des pionniers de l’abstraction. et Doesburg Theo van Doesburg, pseudonyme de Christian Emil Marie Küpper, est un peintre, architecte et théoricien de l’art néerlandais, né à Utrecht en 1883, mort à Davos en 1931. Il est connu pour être le fondateur et principal animateur du mouvement De Stijl..

Illustrations « Die Chaplinade » d’Yvan Goll nom de plume d’Isaac Lang, né à Saint-Dié le 29mars1891 et mort à Neuilly-sur-Seine le 27février1950 (à 58 ans), est un poète et écrivain trilingue allemand, anglais et français

–1921 série des  » Paysages animés et des déjeuners  » avec Cendrars

Il collabore au film d’Abel Gance « la roue »

Il conçoit les costumes et les décors de « Skating Rink » pour les ballets suédois de Rolf de Maré

Il illustre « Lunes en papier » de Malraux

–1922 expose à la galerie Der Sturm à Berlin

– 1923 « la création du monde » décors et costumes pour les ballets suédois .

Il participe aux décors de « l’inhumaine » photo 18 ABCD de Marcel l’Herbier est un réalisateur français de la première avant-garde, né le 23 avril 1888 à Paris et mort le 26 novembre 1979 à Paris

Il fut aussi poète, juriste, théoricien du cinéma3, fondateur de l’IDHEC, acteur majeur de l’organisation du cinéma français au sein des syndicats de cinéma, et pionnier de la télévision française.

–1923 « le grand remorqueur »

–1924 Léger réalise son film « le ballet mécanique » est un film expérimental dadaïste post-cubiste français de Dudley Murphy et Fernand Léger, réalisé en 1924, d’après le ballet éponyme du compositeur américain George Antheil.

le premier film sans réel scénario, il est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du cinéma expérimental.

avec Man Ray pseudonyme d’Emmanuel Radnitsky peintre, photographe et réalisateur de cinéma américain né le 27 août 1890 à Philadelphie (États-Unis) et mort le 18 novembre 1976 à Paris (France).

Acteur du dadaïsme à New York,puis du surréalisme à Paris, Man Ray a perfectionné la technique du photogramme de Christian Schad et inventé le procédé dit de solarisation avec l’aide de la photographe Lee Miller.

et Dudley Murphy né le 10juillet1897 à Winchester (Massachusetts) et mort le 22février1968 (à 70 ans) à Mexico est un réalisateur américain. .

«L’erreur picturale, c’est le sujet. L’erreur du cinéma, c’est le scénario. Dégagé de ce poids négatif, le cinéma peut devenir le gigantesque microscope des choses jamais vues et jamais ressenties.»Fernand Léger, «peinture et cinéma», Les Cahiers du mois, Paris, 1925.

Série des « Eléments mécaniques »

c’est l’époque du « purisme » le sujet choisi sera simple, humble .les constructions formelles tendent à l‘équilibre des figures géométriques la machine revêt une valeur plastique intrinsèque .

et aussi des « compositions murales » , (il faut sortir la peinture et l’art des salons bourgeois pour l’exposer à tous )

« la lecture » .

Associé à Ozenfant,Amédée Ozenfant, né le 15avril1886 à Saint-Quentin (Aisne) et mort le 3mai1966 à Cannes (Alpes-Maritimes), était un peintre français. il fonde l’Académie Moderne où il reçoit de riches élèves nordiques pour lesquels il donne des conférences au cercle scandinave .

Nombre de ses étudiants , comme Otto Carlsund et Louise Bourgeois témoigneront de sa fidélité, de sa générosité et soutiendront en retour sa peinture dans leurs pays d’origine . Il a aussi Nicolas de Stael comme élève entre autres

toujours en 1924 : Conférence à la Sorbonne sur « le spectacle »

–1925 lors de l’Exposition internationale des Arts Décoratifs, il réalise une peinture murale pour l’ambassade française , conçut par Mallet-Stevens

né le 24 mars 1886 à Paris et mort le 8 février 1945 dans la même ville, est un architecte et designer français. Il fait partie du mouvement moderne1. Il fut également un célèbre décorateur de cinéma dans les années 1920 pour Marcel L’Herbier ou Jean Renoir, et directeur de l’école des beaux-arts de Lille

et participe à la décoration du pavillon de « L’Esprit Nouveau » de Le Corbusier

1926, il réalise un travail très abstrait pour des murs, tapis…etc

1er juin : conférence au collège de France sur « l’Esthétique de la machine : l’ordre géométrique et le vrai »

– 1927 « nature morte ABC »

–1928 voyage à Berlin . Série des «objets dans l’espace  »

1930 rencontre Calder

est un sculpteur et peintre américain, né le 22juillet1898 à Lawnton (Pennsylvanie)1 puis mort le 11novembre1976 à New York.

et se rend en Espagne avec Le Corbusier ;

il peint « la joconde aux clefs »

–1931 premier voyage aux Etats-Unis, invité par les Murphy

avec qui il a réalisé « ballet mécanique »

–1933 rétrospective au Kunsthaus de Zurich

(littéralement en allemand : maison de l’art de Zurich) est le musée des beaux-arts de la ville de Zurich.

où il donne une conférence : « le mur, le peintre, l’architecte »

–voyage en Grèce avec Le Corbusier pour le congrès international d’architecture moderne

1934 à la galerie Vignon « objets » gouaches et dessins

nombreux déplacements : Antibes, expo à Stockholm, Londres avec Simone Herman (avec qui il a vécu une passion semi-secrète et qui était une de ses élèves)

Marionnettes pour « match de boxe » de Jacques Chesnais est un graveur, peintre, illustrateur et marionnettiste français né le 23 août 1907 à Paris et mort en décembre 1971.

–1935 il décore une salle de culture physique pour le pavillon français de l’exposition internationale à Bruxelles .

Rétrospective

au Muséum of Modern Art de New-York ; voyages à NY et Chicago

–1936 débats à la Maison de La Culture sur « la querelle du réalisme »

Décors et costumes pour le ballet de Serge Lifar est un danseur, chorégraphe et pédagogue ukrainien,« David triomphant »

–1937 décoration pour la fête des syndicats en juin au Vélodrome d’hiver .

Lors de l’exposition internationale, il exécute « transport des forces » pour le Palais de la découverte et les décors du spectacle de Jean Richard Bloch écrivain, essayiste, homme politique, journaliste et poète français.«  naissance d’une cité »

4 novembre : conférence à Anvers « la couleur dans le monde »

–1938-39- 3éme séjour aux Etats-Unis ; Léger est reçu par Dos Passos écrivain et un peintre américain. et l’architecte Harrisson

Il donne une série de conférences à Yale sur l’action de la couleur dans l’architecture .

Peintures murales pour l’appartement de Nelson Rockfeller : « composition aux deux perroquets »

–1940 de Marseille il s’embarque pour les USA en octobre ; Cours à l’université de Yale . Il décide de s’éxiler pour ne pas subir une seconde fois la guerre . Il écrit à Simone Herman : « les bottes, la boue je l’ai vécu pour la Première Guerre, ça suffit ! »

–1941 chargé de cours au Mils Collège, il traverse les USA en autocar . Il s’établit à NY

Pierre Matisse marchand d’art et plus jeune fils d’Henri Matisse l’invite à participer à l’exposition « Artits in exile »

–1942 dissociation des couleurs et du dessin, série « les plongeurs »

« l’objet a remplacé le sujet, l’art abstrait est venu comme une libération totale, et on a pu alors considérer la figure humaine non comme une valeur sentimentale mais uniquement comme une valeur plastique »

–1943-44 séjours au Canada en été dans la région des Rouses Point

série des « paysages américains »

La France lui manque et cette nostalgie se lit dans ses œuvres comme  « les loisirs »

les artistes engagés dont il fait partie cherchent un moyen de rendre l’art au peuple . Dans cette série Fernand Léger donne une image heureuse du monde moderne qui découvre les congés payés . Il raconte la pause des travailleurs dans une expression sobre et apparemment simple, il illustre un bonheur quotidien et une certaine forme de fraternité entre les hommes .

«  l’expression a toujours été un élément trop sentimental pour moi, je sentais la figure non seulement comme un objet mais comme la machine plastique, je voulais donner à la figure humaine la même plasticité »

–1945 Léger collabore au film de Hans Richter « Rêves à vendre »

Il adhère au PCF et rentre en France en décembre

il semble s’être rapproché du PC après la libération en espèrant en obtenir des murs à peindre dans les mairies, les écoles et les stades de la ceinture rouge de Paris . Il a toujours été à gauche sans jamais voter . Mais il a toujours refusé tout engagement qui aurait perverti sa peinture

–1946 expo à la galerie Louis Carré et il ouvre un nouvel atelier à Montrouge .

Commande du père Couturier d’une mosaïque pour l’église d’Assy

conférence à la Sorbonne : « le nouveau réalisme dans l’art »

–1947 déménagement de son atelier , 104 boulevard de Clichy

–1948 il crée les décors pour le ballet de Prokofiev  »  le pas d’acier « 

puis pour l’opéra de Darius Milhaud « Bolivar » donné le 12 mai 1950

–1949 à Paris , rétrospective au musée national d’Art Moderne .

Il compose pour Tériade est un critique d’art et un éditeur français (d’origine grecque) d’ouvrages d’art , le texte et les illustrations du « cirque »

il illustre pour Arthur Rimbaud « les illuminations »

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–1950 décès de Jeanne Léger (mère)

commande d’une mosaïque pour le Mémorial américain de Bastogne et exécute les maquettes des vitraux d’Audincourt

série des « constructeurs »

une des question de FL est : comment l’artiste peut-il approcher le peuple ?

Il accrocha donc ses « constructeurs » dans la cantine des usines Renault .

« À midi les gars sont arrivés, y’en avait qui ricanaient

-regarde les, jamais ils ne pourraient travailler ces bonhommes avec des mains comme ça !

Moi, je les écoutais et j’avalais tristement ma soupe. 8 jours plus tard, l’atmosphère avait changé, les gars ne riaient plus, ils ne s’occupaient plus des tableaux . Pourtant pas mal d’entre eux levaient les yeux, regardaient un instant mes toiles puis se plongeaient à nouveau dans l’assiette . Et quand j’étais pour partir voilà un gars qui me dit

– vous allez voir, quand on aura enlevé vos toiles, quand ils auront le mur tout nu devant, ils vont s’apercevoir ce que c’est vos couleurs » 

«  j’ai voulu rendre le contraste entre l’homme et ses inventions, entre l’ouvrier et toute cette architecture métallique, ce fer, ces ferrailles, ces boulons, ces rivets »

toutefois, la figure humaine reste un objet du tableau, elle ne devient pas le sujet central

–1951 premières céramiques

–1952 il épouse Nadia Khodossievitch et s’installe à Gif-sur-Yvette

c’est une élève devenue son assistante, une fervente communiste, elle organise sa promotion artistique . À sa mort elle créera le musée de Biot et elle est également peintre

Panneau pour la grande salle de L’ONU à NY

–1953 série de « Parties de campagne »

et illustration du poème de Paul Eluard « liberté »

Fernand Léger est aussi sculpteur et sans les contraintes matérielles il aurait aimer réaliser d’énormes sculptures qui seraient des lieux de vie

–1954 vitraux pour l’église de Cour-faivre en Suisse et pour l’université de Caraca

et d’autres vitraux

projets de mosaïque et céramique pour Gaz de France a Alfortville

décoration pour l’hopital de Saint Lô  » la grande parade « 

–1955 grand prix de la troisième Biennale de Sâo Paulo

Fernand Léger meurt le 17 Août à Gif-sur-Yvette

le Musée Fernand Léger de Biot

Ce musée dédié à Fernand Léger a été entièrement édifié par Nadia Léger . Quelques mois avant sa mort, en 1955, Fernand Léger achète une villa, le mas Saint André, situé au pied du village de Biot sur un terrain horticole. Le peintre s’y installe pour suivre la fabrication de ses céramiques.


C’est sur ce terrain que Nadia Léger, sa veuve, et Georges Bauquier, son proche collaborateur, décident de créer un musée pour lui rendre hommage et favoriser la connaissance de son œuvre. Les fondateurs unissent leurs efforts pour financer et coordonner l’intégralité du projet de bâtiment, conçu par l’architecte André Svetchine. Le parc est confié au paysagiste Henri Fisch. Le projet de bâtiment intègre une immense mosaïque, initialement prévue par Léger pour la décoration du stade de Hanovre, mais jamais réalisée. L’architecte se sert des dimensions de ce projet pour calculer les proportions de cet édifice signal, totalement dédiée à l’œuvre monumentale.

1960,la-création-du-musée
Le soir du 13 mai 1960, une manifestation exceptionnelle inaugure le musée Fernand Léger à Biot. Plus de cinq mille invités se pressent à l’ouverture du premier musée monographique de la région. Sous le patronage de Picasso, Braque et Chagall, l’inauguration réunit des célébrités du monde littéraire et artistique, des vedettes de cinéma et des représentants politiques. Le musée Fernand Léger marque de son sceau le paysage culturel de l’époque.

1969,-la-donation-à-l’État
En 1969, les fondateurs font don à l’Etat français du bâtiment, du terrain et d’une collection riche de plus de trois cents œuvres. André Malraux, ministre d’État chargé des affaires culturelles, reçoit la donation au cours d’une manifestation officielle qui se termine par un gala organisé au palais du festival de Cannes. Le musée Léger devient musée national et selon les clauses de la donation, les fondateurs restent directeurs à vie.

Conférence au MoMA de New York, lors de la première rétrospective de son œuvre en 1935, reproduit dans Fonction de la peinture, édition revue et augmentée, Gallimard, 2004, pp. 187-188.

« L’on peut considérer l’évolution actuelle artistique comme une bataille qui se livre et qui dure depuis cinquante années entre la conception du sujet comme l’a conçue la Renaissance italienne et l’intérêt pour l’objet et le ton pur qui s’affirme de plus en plus dans nos idées modernes.
Cette bataille vaut la peine d’être suivie, étudiée, observée de très près, car elle est toujours très actuelle. C’est une espèce de révolution dont les conséquences sont très importantes. Ce sentiment de l’objet est déjà dans les tableaux primitifs – dans les œuvres des Hautes Époques égyptienne, assyrienne, grecque, romaine, gothique.
Les modernes vont le développer, l’isoler et en sortir toutes les conséquences possibles. L’obligation du sujet n’est plus acceptée. Cette armature qui domine tout l’art de la Renaissance a été brisée.
Le sujet détruit, il fallait trouver autre chose, c’est l’objet et la couleur pure qui deviennent la valeur de remplacement.
Dans cette nouvelle phase, la liberté de composition devient infinie. Une liberté totale qui va permettre des compositions d’imagination où la fantaisie créatrice va pouvoir se révéler et se développer.
Cet objet qui était enfermé dans le sujet devient libre, cette couleur pure qui ne pouvait s’affirmer va sortir. Il devient le personnage principal des nouvelles œuvres picturales. Par exemple, je me trouve devant un paysage composé d’arbres, de ciel, de nuages. Je vais m’intéresser à l’arbre seul, l’étudier et en sortir toutes les possibilités plastiques qu’il comporte : son écorce qui a un dessin souvent expressif, ses branches dont le mouvement est dynamique, ses feuilles qui peuvent valoir décorativement. Cet arbre si riche en valeur plastique est sacrifié dans le tableau à sujet. Isolé, étudié à part, il va nous fournir du matériel pour renouveler l’expression picturale actuelle.
Je dois reconnaître que dans cette histoire si passionnante de l’objet, le cinéma avec ses gros plans nous a permis d’ »aller plus vite ». »

Fernand LÉger, « Les origines de la peinture contemporaine et sa valeur représentative » (extrait)

Conférence donnée à l’Académie d’art Marie Wassilieff, le 5 mai 1913, reproduit dans Fonction de la peinture, édition revue et augmentée, Gallimard, 2004, pp. 25-26

« Sans avoir la prétention d’expliquer le but et les moyens d’un art arrivé déjà à une réalisation assez avancée, je vais tâcher de répondre, autant que cela est possible, à une des questions les plus souvent posées devant les tableaux modernes. Je transcris cette question dans toute sa simplicité : « qu’est-ce que cela représente ? ». Je me fixe donc comme but cette simple interrogation et je vais m’efforcer dans un exposé très court d’en éprouver la parfaite inanité.
Si l’imitation de l’objet dans le domaine de la peinture avait une valeur en soi, tout tableau du premier venu ayant une qualité imitative aurait plus de valeur picturale. Comme je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’insister et de discuter un cas semblable, j’affirme donc une chose déjà dite, mais qu’il est nécessaire de redire ici : la valeur réaliste d’une œuvre est parfaitement indépendante de toute qualité imitative.
Il faut que cette vérité soit admise comme un dogme et fasse axiome dans la compréhension générale de la peinture.
J’emploie à dessein le mot réaliste dans son sens le plus propre, car la qualité d’une œuvre picturale est en raison directe de sa qualité de réalisme.
En quoi consiste en peinture ce que l’on appelle réalisme ?
Les définitions sont toujours dangereuses, car pour enfermer en quelques mots tout un concept, il faut une concession qui souvent manque de clarté ou est trop simpliste.
J’en risquerai une malgré tout et je dirai qu’à mon sens, le réalisme pictural est l’ordonnance simultanée des trois grandes quantités plastiques : les Lignes, les Formes et les Couleurs.
Aucune œuvre ne peut prétendre au pur classicisme, c’est-à-dire à la durée indépendamment de la période de création, si l’on sacrifie complètement une de ces quantités au détriment des deux autres.
Je sens très bien le côté dogmatique d’une pareille définition, mais je la crois nécessaire pour bien différencier les tableaux à tendance classique d’avec ceux qui ne la réalisent pas. »

youtube : https://youtu.be/BgTLoeU-cys

la-ferme-musée : https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/calvados/pays

Berthe MORISOT

Berthe Morisot
La petite Niçoise, ou Célestine

Biographie

Berthe Morisot nait à Bourges le 14 janvier 1841 d’un père Edmée Tiburce MORISOT Préfet et d’une mère dénommée Marie Joséphine Cornaline THOMAS petite nièce du peintre Jean Honoré FRAGONARD. Elle nait dans le milieu de la haute bourgeoisie.

Elle a deux sœurs Edma et Yves-Elisabeth et aura un frère Tiburce comme son père qui naitra à Limoges en 1845 qui sera inspecteur des wagons-lits en 1887 au moment de son mariage et qui disparait de la sphère familiale à cette époque peut-être comme si d’avoir deux sœurs voire trois évoluant dans le milieu artistique était une tare dans le milieu de la grande bourgeoisie.

Madame MORISOT mère offre à ses deux filles des leçons de peinture à Edma et Berthe, pour faire une surprise à son mari amateur d’art, auprès de Geoffroy Alphonse CHOCARNE en 1855 (peintre néoclassique). Cet enseignement ne plait guère aux deux sœurs qui rapidement se tournent vers Joseph GUICHARD (1857) dans la mesure où l’école des Beaux-Arts n’est pas ouverte aux femmes. Ce dernier décèle chez les jeunes femmes des talents exceptionnels. Elles rencontrent entre 1858 et 1868 les copistes au Louvre dont Fantin Latour. Elles demandent à GUICHARD des leçons en plein air et ce dernier les confie à Achille OUDINOT qui lui-même les orientera vers Jean Baptiste COROT (1861) elles rencontrent Daubigny et Daumier. La famille loue une maison à Ville d’Avray pour permettre aux jeunes filles de peindre auprès de COROT qui devient un familier de leur domicile parisien de la rue Franklin où Madame Morisot tient salon tous les mardis et qui est également fréquenté par Charles et Jules Ferry Rossini Mallarmé. . . Berthe se lie d’amitié avec la Duchesse Colonna sculpteur sous le nom de MARCELLO dont elle demeurera toujours l’amie.

Premier envoi dans un salon en 1864 . Mariage de sa sœur Yves en 1867 avec Théodore Gobillard percepteur à Quimperlé ancien officier grièvement blessé et handicapé durant la campagne du Mexique.

1868 elle rencontre Edouard MANET qui la prend pour modèle devient son ami la conseille et même un peu plus puisqu’il reprend certain tableau de Berthe ce qui ne plait guère à Madame Morisot mère mais ils resteront toujours amis.

1869 Edma épouse un officier de Marine Adolphe Pontillon et s’installe et s’installe à Lorient elle cessera de peindre.

1871 Au moment de la guerre contre la Prusse Berthe est chez sa sœur mais elle refusera de quitter la France et rentrera à Paris.

1874 Mort de son père le 24 janvier.

Elle refuse d’épouser Puvis de Chavanne comme elle avait déjà repoussé Jules Ferry précédemment. Elle finit par épouser Eugène MANET le 22 décembre

1878 14 novembre naissance de sa fille Julie

1892 La santé d’Eugène décline alors qu’il est atteint d’une forme pulmonaire de la syphilis et il s’éteint le 13 avril.

Stéphane Mallarmé à la demande de Berthe devient tuteur de Julie et est associé à Edgard DEGAS au conseil de famille.

Berthe se retire dans sa propriété du Mesnil achetée un an plus tôt avec Eugène.

2 mars 1895 Berthe meurt à son tour de la même maladie que son mari, compliquée d’une surinfection transmise par sa fille qu’elle soignait à ce moment-là.

La Femme Peintre

En 1864 les sœurs Morisot préparèrent leur premier envoi avec pour Berthe

Souvenir des bords de l’Oise

Souvenir des bords de l’Oise et

Vieux chemin à Auvers

Vieux chemin à Auvers

et Edma avec une scène de rivière à la manière de Corot. Elle exposera régulièrement au Salon des beaux-arts jusqu’en 1870. En 1869 elle est invitée au Palais des Tuileries par l’Empereur. La même année elle offre à Edouard Manet La vue du Port de Lorient

La vue du Port de Lorient

qu’il avait beaucoup aimé. Durant cette période les relations entre Manet, Morisot, Puvis de Chavannes, Stevens, Degas Mallarmé, Fantin Latour sont très importantes par le biais des mondanités (réceptions chez les Morisot Stevens et Degas) travail au Louvre comme copistes et des échanges qu’ils ont pu avoir sur le plan artistique.

En 1869 Berthe avait rapporté de Lorient une toile représentant sa sœur Edma intitulée Jeune femme à sa fenêtre

Jeune femme à sa fenêtre(5) Huile sur toile H 76 L 61 Musée Fabre Montpelier

Manet venait de commencer une toile semblable de plus grande taille et il avait les plus grandes difficultés à traiter le visage de son modèle et de ce fait il a essayé de modifier le travail de Berthe qui le reprenait ensuite en douce. . .

L’activité artistique de de Berthe Morisot pris son véritable essor après la guerre. C’est à cette époque qu’elle réalise Le berceau

Le berceau

la façon dont Berthe peint cet enfant avec des blancs détrempés des gris frottés et des petits points roses parsemés sur le bord du tissu suppose un pinceau extraordinairement libre qui contraste avec le dessin très net de la mère. Ce tableau exposé au Salon des impressionnistes de 1874 à côté de la « scandaleuse » Olympia de Cézanne

Olympia de Cézanne

fut boudé par la critique et resta dans la famille des modèles jusqu’en 1930 date de son acquisition par le Louvre et du début de son succès.

Au salon de 1873 la situation devint houleuse les artistes reprochant au Jury de ne sélectionner que les œuvres conventionnelles et c’est à cette époque que Berthe abandonna le salon officiel pour adhérer la Société des Artistes Français composé de Monet, Pissarro, Sisley et Degas et ce début 1874 après la mort de son Père. Malgré la mise en garde de Puvis de Chavannes la prévenant que cette exposition serait un fiasco et le fait que Manet se soit détourné de ce groupe elle persista en y exposant une vingtaine d’œuvres dont probablement le Portrait de Marguerite Carre

Portrait de Marguerite Carre(8)Huile sur toile H 37 L 31 Col particulière

etLa chasse aux papillons.

tLa chasse aux papillons(9)Huile sur toile H 46 L 56 Musée d’Orsay

Une foule considérable se rendit à cette exposition au salon Nadar qui marqua le début de l’impressionnisme mais Berthe qui était la seule femme à participer à cette exposition fut trainée dans boue traitée de prostituée par un directeur de journal que Pissarro a boxé. . . on a même parlé de duel.

Elle participera à toutes les expositions impressionnistes sauf à celle de 1879 en raison de la naissance de sa fille Julie en 1878. En 1875 Femme à sa toilette

Femme à sa toilette (10) Art Institute de Chicago

Les Lilas de Maurecourt .

Les Lilas de Maurecourt (11) Huile sur toile H 50 L 61 Col Particulière

En 1876 Bateaux en construction

Bateaux en construction (1874) Huile sur toile H 32 L 41 Musée Marmottan

En 1877 Femme à l’éventail

Femme à l’éventail (Huile sur toile H 62 L 32 New York Col de Me Alexander Lewy

En 1878 Jeune Femme près d’une fenêtre

En 1880 Dame au manchon ou Hiver

Dame au manchon ou Hiver Huile sur toile H 73,5 L58,5 Dallas Museum of fine arts

En 1881 Baby ou Enfant dans les roses trémières

Baby ou Enfant dans les roses trémières Huile sur toile H 50 L 42 Cologne Wallraf Richartz Museum

En 1882 Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival Huile sur toile H 71 L 92 Musée Marmottan

Elle devient figure de proue de l’impressionnisme malgré les attaques continues d’une presse très sexiste il était inconcevable pour une femme de s’exposer pareillement au début de la troisième république.

On lui reproche de plus en plus un manque de netteté dans ses représentations tout en continuant à lui trouver de grandes qualités de coloriste. Roses trémières1880 Le Port de Nice 1881 Bords de Seine 1883.

Commentaires d’un critique Gustave Geoffroy:

Les formes sont toujours vagues dans les tableaux de Madame Berthe Morisot mais une vie étrange les anime. L’artiste a trouvé le moyen de fixer les chatoiements, les lueurs produites sur les choses et l’air qui les enveloppe… le rose, le vert pâle, la lumière vaguement dorée, chantent avec une harmonie inexprimable. Nul ne représente l’impressionnisme avec un talent plus raffiné, avec plus d’autorité que Madame Morisot.

Durant ses dernières années Berthe Morisot explore de nouvelles techniques sculpture Tête de Julie Manet ,

Tête de Julie Manet Bronze H 26,7 Col particulière

Et de gravure:

Autoportrait de Berthe Morisot dessinant avec Julie

Autoportrait de Berthe Morisot dessinant avec Julie Pointe sèche H 18,2 L 13,6 Paris Bibliothèque Nationale de France

qui constituaient un défi pour la coloriste qu’elle était. Elle réalisa un buste de Julie.

Elle commence à traiter des nus Jeune femme aux épaules nues, Femme s’essuyant, et à peindre beaucoup sa fille Julie et son lévrier.

A sa mort le groupe ne se dispersa pas Mallarmé devint le tuteur de Julie le groupe aima et protégea la jeune fille elle fut mariée au fils d’Henri Rouart, Louis en 1900. Tous organisèrent une rétrospective de son œuvre et réunirent 3 à 400 œuvres pour une exposition.

En 2011 au cours d’une perquisition en marge d’une enquête sur les détournements dont les Wildenstein père et fils étaient accusés, est découverte une toile de Berthe Morisot intitulée Chaumière en Normandie qui avait été substitué lors de la succession d’Anne Marie Rouart épouse de Denys fils de Julie.

Paysanne niçoise Célestine 1888 ou 1889

Paysanne niçoise Célestine 1888 ou 1889 (18) Huile sur toile H 64 L 52

C’est au cours d’un second séjour à la Villa Ratti où elle pensait inviter ses amis Monet, Renoir, Mallarmé et Puvis de Chavannes qui n’ont pu répondre à cette invitation que Berthe Morisot réalisa cette œuvre.

En fait ce séjour qui aurait dû être agréable et productif sur le plan artistique se révéla compliqué car l’inspiration n’y était pas. Elle écrit à Monet : “Je suis dans une situation délicieuse dont vous auriez profité ; moi pas. Je travaille beaucoup mais rien ne vient. C’est d’une difficulté atroce” Nous sommes peu de temps après le décès d’Eugène Manet.

Le modèle dont nous ignorons avec certitude le nom n’est pas comme l’indique le titre retenu en 1896, pour l’exposition posthume, une jeune paysanne niçoise mais plutôt une jeune fille déguisée en paysanne. Elle est vêtue d’une simple chemise bleue agrémentée d’une rose à la boutonnière mais on remarquera du rouge sur ses lèvres et des boucles d’oreilles qui ne cadrent pas avec le statut de paysanne. D’après Julie sa fille il s’agirait peut-etre de Célestine Gigoux la fille d’un de ses amis.

Dans ce tableau elle oppose trois couleurs de fond à son modèle le brun de la végétation automnale et le bleu de la chemise, le vert et le rose de son visage enfin le bleu du ciel le clair des montagnes avec le brun foncé de la chevelure. Comme dans bon nombre de portrait de la renaissance le fond est constitué de montagnes ce qui est en soit assez classique mais elle traite cela de façon très différente ce qui traduit la grande liberté de composition de Berthe Morisot.

Julie aime beaucoup ce tableau et le décrit ainsi : “Paysanne niçoise, une espèce de sauvageonne brune avec de grands yeux noirs, un petit corsage bleu avec une rose sur le fond des montagnes qui bordent le Var, c’est admirable, ces yeux noirs dans la peau, quel éclat. . .” Elle accepta de le céder en 1907, dans des conditions très favorables au Musée des Beaux-Arts de LYON. Louis Rouart le choisit en 1941, comme couverture de son livre consacré à l’artiste ce qui montre l’intérêt que la famille portait à cette œuvre trop peu connue.

Jean Auguste Dominique INGRES

Autoportrait
L’aretin et l’envoyé de Charles Quint MBA de Lyon

CONTEXTE

Biographie

Jean auguste Dominique Ingres naît en 1781 à Montauban. Son père Jean Marie Joseph Ingres est peintre, sculpteur et ornemaniste. Il le destine très tôt à une carrière artistique ( dessin, musique, violon )

Il entre à l’académie de Toulouse en 1791 puis part étudier à Paris en 1796 sous la direction de Jacques Louis David. En 1801 il remporte le « prix du torse »

puis le prix de Rome avec «Les ambassadeurs d’Agamemnon ».

Il peint le portrait de Napoléon Premier sur le trône impérial, tableau très mal reçu par la critique.

Ce n’est qu’en 1806 qu’il part enfin pour Rome. Là il fréquente les milieux artistiques. Il est émerveillé par Raphaël et Canova .

En 1813 il épouse Madeleine Chapelle.

Chaque année où il doit envoyer une œuvre importante au salon pour que sa pension soit renouvelée. Les oeuvres qu’il envoie sont très souvent mal accueillies par la critique: Oedipe et le Sphinx ( jambe de bois?)

Jupiter et Thétis (1811) (goître ? jambe coupée ? bras démesuré.)

Lassé par les mauvaises critiques il se détourne de l’antique en explorant d’autres univers.

« Le songe d’Ossian » 1813

« Roger délivrant Angélique » 1819

«  Paolo et Francesca » 1824.

Montauban lui commande « Le voeu de Louis 13 ». C’est un triomphe.

De retour à Paris, il obtient honneur et le commandes .

Charles X : «L’Apothéose d’Homère » 1834.

Mais en1835 , le « Martyre de saint Symphorien », commande de l’évêque d’Autun, est assez mal reçu.

De 1835 à 1845 il retourne à Rome où il est directeur de l’Académie de France.

Il se consacre à l’enseignement et aux portraits. En 1845 il revient à Paris.

En 1849 déces de Madeleine. En 1850, il épouse Delphine Ramel nièce de son mécène à Charles Marcotte d’Argenteuil. Durant toutes les dernières années il bénéficie d’honneurs et de commandes nombreuses (Carton des vitraux de la chapelle notre-dame de la Compassion, projet de fresques de l’âge d’Or et de l’âge de fer pour le château de Dampierre.

Delphine Ramel
L’Age d’or

En 1867 il meurt.

Inhumation au Père-lachaise.

Il lègue à sa ville 4500 dessins.

En 1913 : inauguration du musée Ingres à Montauban.

Ingres et son temps

Il est au cœur de la querelle entre les tenants de la ligne et ceux de la couleur, qui se poursuit au XIXème, et son grand « rival » sera Delacroix. (voir l’article d’Aude Adrien pour Beaux-arts Magazine

Les portraits

Il est connu pour être un des plus grands portraitistes, bien que ce genre ne lui plaise guère. (« portraits, que vous ai-je fait ? », « madame est infaisable ! ») Il considère comme plus importante la peinture d’histoire.

Toutefois au XIXème, la demande est très forte de la part de la bourgeoisie pour se faire portraiturer.

1832 : Louis François Bertin, directeur du journal des débats.

Le processus de réalisation est laborieux. Ingres ne trouve pas… «  Il pleurait sans cesse, me disait Monsieur Bertin, et je passais mon temps à le consoler. »

Mme de broglie, comtesse d’Haussonville , tempérament libéral et indépendant, pose inhabituelle.

Portrait travaillé par fragments avec le remarquable « collage » de la nuque dans le miroir, nuque qui fait écho à la Baigneuse de Valpinçon.

Les nus

La baigneuse à mi-corps en 1807

Canova

La baigneuse Valpinçon en 1808 .

La dormeuse de Naples en1809 (disparue après le pillage du palais du roi de Naples en 1815).

La grande Odalisque en 1814 :mal accueillie au salon de 1819. Commande de Caroline Murat jamais livrée.

La Grande Odalisque
canova
Canova

L’Odalisque à l’esclave en 1839 : commande de Charles Marcotte d’Argenteuil.

Le Bain Turc 1864 : 25 corps nus. La femme allongée à droite est tirée d’une esquisse de Madeleine Chapelle qui date de 1818.

Conclusion

Sous ses dehors « conservateurs », les déformations des corps, souvent au service d’une grande sensualité dans ses nus, ont inspiré des peintres comme Picasso.

Recherches effectuées par Anne

Sources diverses,

+ Adrien Goetz : Ingres Collages

+Wikipédia

Paul CEZANNE

Paul Cézanne
Paul Cézanne Les peupliers

Paul Cézanne nait le 19 janvier 1839 à Aix en Provence

La famille est relativement aisée. Son père Louis-Auguste est propriétaire d’une fabrique de chapeaux et va créer vers 1848 la banque Cézanne et Cabassol (son associé); sa mère Anne Honorine Aubert était ouvrière chapelière. Ce n’est que 5 ans après la naissance de Paul que Louis-Auguste et Honorine se marient

Paul suit les cours de l’école communale puis de l’école Catholique St Joseph à Aix

C’est ensuite au collège qu’il rencontre Emile Zola qui devient son ami et confident, ils font de fréquentes promenades en pays Aixois, ils découvriront la poésie et la littérature ensemble

Ils se suivront jusqu’en 1858 : c’est l’année où Zola part à Paris et où Cézanne obtient son baccalauréat.

Son père souhaitant le voir intégrer sa banque lui conseille de s’inscrire à la faculté de droit, ce qu’il fait, alors qu’il ressent déjà le besoin de peindre et dessiner.

D’ailleurs, depuis 1857, il suit les cours de l’école de dessin d’Aix où il recevra en 1859 un second prix de dessin.

En 1861, il fait un premier séjour à Paris, avec l’aide financière de son père qui est pourtant réticent à ce choix.

Il y retrouve Zola et fréquente l’académie Suisse où il rencontre Pissarro et Guillaumin. Mais refusé à l’académie des Beaux Arts, il repart à Aix et travaille dans la banque paternelle.

Pas très intéressé par ce travail de la banque et souhaitant se consacrer complètement à la peinture, il retourne à Paris fin 1862 où l’attend avec impatience son ami Zola qui le soutient dans son projet d’artiste.

L’accompagnement financier de son père le mettra par la suite à l’abri des exigences des marchands et lui permettra une totale indépendance.

Il travaille à l’académie Suisse : c’est un atelier qui met à disposition des artistes, de l’espace et des modèles mais ne dispense pas de cours. Il fréquente beaucoup le Louvre, fait des croquis, des copies de tableaux : il apprend seul.

Cette période de 1860 à 1870 environ sera appelée la période Sombre ou ‘’couillarde’’ : il donne libre cours à son tempérament tourmenté et se révolte contre l’académisme des salons.

Son travail est influencé par Delacroix et Courbet, deux peintres qu’il admire. Il travaille avec des pâtes épaisses et des couleurs sombres, souvent au couteau

Il propose régulièrement ses peintures au jury du Salon Officiel de Paris où elles sont refusées.

Paysage avec moulin

En 1869, iI rencontre à l’Académie, Hortense Fiquet qui est modèle. Elle devient sa compagne et ils auront un enfant en 1872. Cette situation ne sera connue de son père dont il craint la désapprobation qu’en 1878 et il n’épousera Hortense qu’en 1886.

En 1872 il s’installe avec Hortense et leur enfant à Auvers sur Oise ; là il travaille avec Pissarro pour qui il a une grande admiration, et qu’il considère comme « Dieu le Père ». Ensemble ils se consacrent au paysage sur le motif.

Il rencontre également d’autres impressionnistes : Monet, Renoir, Bazille, Sisley. Mais il reste éloigné d’eux par sa technique et son esthétique. Il ne partage avec eux que le désir de nouveauté et le rejet des normes académiques

Il fréquente les cafés littéraires avec les peintres ; mais s’y sent dépaysé, pas à l’aise. C’est un solitaire, émotif et hypersensible.Il vit essentiellement pour son art, il cherche sans cesse à améliorer sa technique, son esthétique et voici ce qu’il dit lui-même : ‘’Je veux savoir : savoir pour mieux sentir, sentir pour mieux savoir ; je veux être un vrai classique, redevenir classique par la nature’’

En 1874 Pissarro obtient sa participation à la première exposition impressionniste : ses toiles sont très mal reçues et il refusera de participer à celle de 1876.

Lorsqu’il y retourne en 1877, il est rejeté de manière encore plus violente que l’ensemble des impressionnistes. Dégoûté et meurtri, il n’y reviendra pas.

En 1979,1980, ‘’le Pont de Maincy’’ annonce un changement de son style, il se dégage de l’influence impressionniste.

Il peint des paysages d’Ile de France, de Provence notamment autour de la Montagne Ste Victoire, des natures mortes et des nus dans la nature (‘’les Baigneuses’’)

Après un nouveau refus du Salon en 1884, il travaille de plus en plus souvent en Provence, et vit de plus en plus en solitaire. Tout en gardant quelques contacts avec Pissarro, Renoir et Monnet

Quant à son amitié avec Zola, elle est mise à mal dans un livre de ce dernier ‘’l’Oeuvre’’ (1886) que Cézanne considère comme une critique de son travail ; il est vrai que Zola n’a pas compris le travail de son ami et a souvent tenu des propos peu sympathiques ( ‘’il peut avoir le génie d’un grand peintre, il n’aura jamais le génie de le devenir’’)

Ses peintures sont rarement montrées au public : en 1889 à l’Exposition Universelle, en 1887 et 1890 à Bruxelles

C’est en 1895 que Ambroise Vollard, jeune marchand, expose 150 de ses œuvres.

Cézanne est alors reconnu par ses anciens amis qui ignoraient tout de son évolution, et par de jeunes artistes pour qui il devient une référence (Emile Bernard, Maurice Denis…). Ils voient en lui un maître, un précurseur.

Peu à peu se confirme la reconnaissance de son œuvre. Sa réputation s’affirme et grandit, avec de nouvelles expositions chez Vollard en 1898, au salon des Indépendants et au salon d’automne en 1899,1904,1905,1906.

Pendant les quinze dernières années de sa vie il habite en Provence : au’’Jas du Bouffan’’ la maison familiale ; en même temps il loue un cabanon qui lui sert d’atelier aux carrières de Bibémus.

Puis il habite à Aix et achète un terrain sur un chemin dominant Aix afin d’y installer un atelier

Il s’éteint dans son appartement le 23 octobre 1906.

Le salon d’automne lui consacre une rétrospective en 1907

Toutefois Cézanne fut véritablement consacré dans son pays lors de l’exposition au Grand Palais à Paris et à Londres en 1995

Quentin METSYS

57 – Vierge à l’Enfant entourée d’anges
Recherches effectuées par Daïna

Quentin METSYS ( 1466 – 1530)

A la fin de la Guerre de Cent ans (1453), l’Europe connaît un moment d’apaisement : moins de conflits et moins d’épidémies.

La croissance démographique reprend.

Les villes se développent.

1 – carte du Monde Grandes Découvertes

Les relations commerciales se multiplient.De grandes banques financent des initiatives remarquables, telles les expéditions maritimes qui accompagnent les Grandes découvertes.

Les Européens se livrent à l’exploration intensive de la Terre, cartographiant la planète, et établissent des contacts directs avec l’Afrique, l’Amérique, l’Asie et l’Océanie.

Les Portugais vont explorer les côtes d’Afrique, atteignent l’Océan Indien (1488) en contournant le Cap de Bonne Espérance.

En cherchant une nouvelle voie vers l’Asie, l’Italien Christophe COLOMB – financé par la monarchie espagnole – traverse l’Océan Atlantique et atteint en 1492 un Nouveau Monde, l’Amérique.

En 1498 une expédition portugaise menée par VASCO de GAMA, réalise une liaison maritime avec l’Inde.Puis, en 1512, atteint la Chine.

A partir du XVI ème siècle, les Français, les Anglais et les Hollandais se lancent dans la course et, contestant le monopole ibérique sur le commerce maritime, poursuivent l’exploration des Amériques et surtout, celle de l’Océanie.

Les Russes, eux, conquièrent la quasi totalité de la Sibérie.

Cette longue période de « découvertes », marque un pont entre le Moyen-Age et ce qui sera appelé la Renaissance.

Et l’invention qui va avoir le plus d’impact sur la société intellectuelle,

artistique et scientifique est l’invention de l’imprimerie.

Atelier d’impression Van der STRAET

Avant cette invention (Gutenberg 1450), l’écriture des ouvrages était faite à la main, principalement par des clercs ou des moines.

Le savoir leur était ainsi réservé car seuls ils disposaient de l’éducation indispensable à la compréhension des textes.

Du milieu du XVème siècle jusqu’au milieu du XVIème siècle, l’Europe est saisie d’une telle effervescence intellectuelle, artistique et scientifique qu’elle se distingue très vite du reste du monde, s’accompagnant d’un retour aux modèles de l’Antiquité gréco-latine.

Cette période a été qualifiée de « Renaissance » car les érudits de cette époque avaient l’impression de renouer avec les splendeurs de l’Antiquité et ses codes de représentation de la figure humaine.

A la différence de leurs prédécesseurs qui ne s’intéressaient qu’à l’étude des questions religieuses, ces érudits qualifiés d’humanistes, placent l’être humain au cœur de leurs préoccupations.

L’invention de l’imprimerie leur facilite l’accès aux livres.Ils ne se contentent plus de la connaissance du latin mais étudient le grec et l’hébreu, langues dites « humanistes ».Ils découvrent Homère, Pindare, Sophocle, Euripide, Platon, Aristote,…

La peinture de cette époque se caractérise par cet intérêt porté à l’Homme, d’où le développement de l’art du portrait.Les riches mécènes se font représenter sur les tableaux.

C’est également l’apparition, notamment dans les Flandres, de la peinture à l’huile qui permet d’obtenir une pureté et une luminosité des couleurs bien plus grandes que la détrempe jusqu’alors utilisée, de reproduire l’effet de la transparence et des nuances, en étalant de multiples couches très minces d’un mélange pigmenté, le glacis.

La tendance est au rendu fidèle et très méticuleux des figures humaines,

de leurs vêtements, des intérieurs bourgeois et sacrés qui servent de décors, des végétaux et des paysages, et à la transposition de scènes religieuses dans le réel quotidien de l’époque.

La peinture devient un art du récit.Elle raconte une histoire et prête attention aux détails des gestes, des matières, des paysages.

Le spectateur devient l’observateur d’une mise en scène.

L’art des « primitifs flamands » voit le jour 

3 – L’homme au turban rouge Van EYCK

Van der WEYDEN

Saint Luc dessinant la vierge Van der WEYDEN

la Nativité Robert CAMPIN 1420 1425
dîner chez Simon le pharisien Dirk BOUTS

Quentin METSYS !

portrait de Quentin METSYS

naît donc à LOUVAIN vers1465- 1466 – cité médiévale réputée pour son université et sa richesse culturelle – de Joost MASSYS, forgeron, et de Katarina Van KINCKEM .

Il suit une formation de forgeron auprès de son père (on trouve encore près de la cathédrale Notre-Dame d’ANVERS, un puits en fer forgé que l’on attribue au peintre)

puits N-D d’ANVERS

Son père change de carrière, devient horloger, puis, architecte de LOUVAIN.

Agé et préoccupé de sa succession, se pose la question de savoir qui, de ses deux fils, Quentin et Josse, va reprendre les activités paternelles.

C’est finalement Josse qui se consacrera à l’horlogerie, tandis que Quentin se tournera vers la peinture, probablement motivé par le fait qu’il soit tombé amoureux de la fille d’un peintre(!).

Aujourd’hui on ignore encore qui, exactement, a enseigné la peinture à METSYS, mais son style semble dériver des techniques de Dirk BOUTS (1415-1475)

, primitif flamand, tout en retenue, surnommé le « peintre du silence » ( 10 Tryptique de la Cène ).

9 – Vierge à l’Enfant Dirk BOUTS

METSYS s’installe à ANVERS à 25 ans.

ANVERS était déjà réputée pour être un centre artistique grâce, notamment, à Jérôme BOSCH (1450-1516)

, et avait acquis une réputation de centre actif et libéral du marché de l’art.

10 – tryptique de la Cène Dirk BOUTS

Les artistes proposaient leurs œuvres sur des tréteaux sur les places et rues, ainsi que dans les échopes lors des foires qui duraient six semaines à compter de Pâques.

C’est à 35 ans (1491) qu’il est reçu franc-maître (= titre décerné, dans les Flandres à un artisan après son apprentissage) au sein de la Guilde de Saint Luc à ANVERS (=organisation corporative de peintres, graveurs, sculpteurs et imprimeurs de la Renaissance, active depuis le XIVème siècle en Italie, Pays-Bas, pays rhénans et France. Pourquoi Saint Luc ? Tout simplement en référence à St Luc saint patron des peintres).

Il devient vite le principal représentant de l’Ecole d’ ANVERS et reçoit de nombreuses commandes des corporations d’artisans d’ANVERS et de LOUVAIN.

Il se lie d’amitié avec BOSCH

et DÜRER ( 13Jésus parmi les Docteurs ).

11- le jugement dernier J BOSCH

Vers 1492 il épouse Alyt Van TUYLT qui lui donne 3 enfants.Celle-ci décède en 1507 et METSYS se remarie avec Catherine HEYNS avec laquelle il aura…10 enfants, dont 2 deviendront peintres, Jan (1509-1575)

et Cornelis (1510-1556)

16 – Le raccomodeur de soufflets Cornellis METSYS

Vers 1510 il fait un voyage en Italie, et s’intéresse surtout à l’oeuvre de Léonard de VINCI

17 – étude de têtes grotesques L de VINCI

Cette attention portée à l’art de la Renaissance enrichit son style et se traduit par une ouverture intellectuelle de plus en plus large.

En 1517 il fait la connaissance des humanistes ERASME

et Thomas MORE

19 – Thomas MORE Hans HOLBEIN le Jeune

METSYS meurt à ANVERS en 1530.

SON STYLE

Chez METSYS 3 genres de peinture :

les œuvres religieuses : ce qui caractérise la peinture de METSYS, c’est la piété de ses œuvres.II voue une attention toute particulière à l’expression des personnages qui va parfois jusqu’à la caricature.Il accentue la mélancolie des Saints, et, la tendresse de la Vierge Marie vis-àvis de son enfant.

les œuvres moralistes et grotesques : en contre-partie, il représente les mimiques brutales et les grimaces des geôliers, des bourreaux.

Son réalisme favorise parfois le grotesque comme la Vieille Femme grotesque

Ce portrait est une reprise de La Reine de Tunis , dessin de Léonard de VINCI .Certains prétendent que ce serait le portrait de Margaret MAULTASCH, comtesse du Tyrol.

John TENNIEL, illustrateur britannique (1820-1914) s’en est inspiré pour illustrer le personnage de la Duchesse dans Alice au pays des Merveilles ( 46ter ).

– John TENNIEL Alice au pays des merveilles

les portraits : il est reconnu comme l’un des plus grands portraitistes de l’époque.

Vierge à l’Enfant entourée d’Anges (1509)

56 – Il s’agit d’un tryptique en bois, en 2 registres, peints à l’huile, dont le registre central mesure 54,5cm sur 37,5cm.

Cette œuvre est réalisée au début du Cinquecento, période d’émulation artistique durant laquelle les échanges entre les 2 pôles artistiques majeurs de l’époque que sont l’Italie et les Flandres, vont devenir de plus en plus significatifs.

57 – La Vierge est debout, au centre de l’oeuvre et tient contre elle l’Enfant-Jésus.Elle le regarde tendrement et lui, nous regarde.

57 – Vierge à l’Enfant entourée d’anges

Ses longs cheveux d’or se répandent sur son ample manteau d’un blanc immaculé, brodé d’or.

La robe est également blanche, symbole de pureté, garnie de fourrure.

Le visage est ovale,ceint d’un diadème de perles et d’un rubis ; les traits sont fins.Tous ces détails sont propres à la peinture flamande.

Trois anges les accompagnent : l’un joue du luth, instrument typique de la Renaissance;un autre tend joyeusement une fleur.Leur chevelure rousse rappelle celle de la Vierge.Ils sont vêtus de tuniques pourpres propres à l’époque antique.

Les sujets sont placés dans un décor architectural gothique.

La base des piliers supportant les colonnes représente des panneaux de feuilles sculptés et ornés de têtes de béliers.Le bélier fait référence à l’Ancien Testament : le sacrifice d’Isaac par Abraham.

La pomme posée sur une des bases de pilier fait, elle, référence à la tentation d’Adam et Eve au Paradis terrestre.

A l’arrière-plan s’ouvre, à gauche, une perspective vers une église qui a été identifiée comme l’ancienne église St Pierre de LOUVAIN.Un ange y est agenouillé en prière tandis qu’une procession aux flambeaux s’avance en chantant.

Dans le registre supérieur du tryptique, une statue assise, de Dieu le père, un globe dans la main gauche, bénissant la scène du registre inférieur de la main droite et, représentant Dieu comme un père miséricordieux.

Les ateliers de peintres

Recherches effectuées par Colette(artiste peintre), soutenue par Dédé…

LALLEMAND Jean-Baptiste (auteur)
Jean Baptiste Lallemand  L’atelier du peintre

Il est né le17 Août 1716 à Dijon  et meurt en 1803 à Paris

père : tailleur d’habits

lui préfère le crayon et le pinceau

à Paris 1739 , hasard d’une demande – 4 toiles – les  quatre  saisons , bien payé —-bonne réputation —- demandes et succès

il vit un peu en Angleterre—-succès , mais le climat ne lui convient pas

—retour à Dijon 1747—

Après avoir été reçu à l’Académie de Saint-Luc à Paris en 1745 en tant que peintre de paysage, il séjourne à Rome de 1747 à 1761

réalisations pour le Vatican

Plusieurs cardinaux, pleins d’estime pour ses talents

Les moines de Saint-Martin près Autun lui demandèrent six grands tableaux

pour leur réfectoire

il se fixe à Paris et réalise surtout des paysages de convention. c’est dans sa production topographique qu’il donne le meilleur de lui-même

graveur à l’eau-forte et peintre de genre, d’histoire, de marines et de paysages français.

peu connu de nos jours mais a été un peintre prolifique

il a le goût, à la fois des paysages de ruines fantaisistes, animées de personnages pittoresques .

Lallemand peignait tous les genres, mais il excellait surtout dans les paysages et dans les marines

il sera nettement influencé par les artistes français travaillant dans la manière italienne tels que Joseph Vernet

37-_Joseph_Vernet_(1778)
Joseph Vernet 1778

38-Claude-Joseph_Verne_-_L'entrée_du_port_de_Marseille_(1754)
J Vernet L’entrée du port de Marseille 1754

39-Marine,_soleil_couchant, Vernet
J Vernet Marine soleil couchant

ses tableaux révèlent toute l’admiration de Lallemand pour Vernet qui l’influença dans le caractère anecdotique des personnages et surtout dans la sensibilité romantique de la lumière.

château de Montmusard. Au musée de Dijon 

photo 36

et L’Atelier du peintre, v. 1780, huile sur toile, 33,1 x 41,5 cm, Ses scènes d’intérieur, un peu lourdes 

36 b-l'atelier du peintre J-B Lallemand
L’atelier du peintre JB Lallemand

aujourd’hui encore, il y a énormément de d’oeuvres qui sont en vente (galeries, repo su E-bay ventes aux enchères etc.) 547 résultats d’enchéres sur artnet !

L’importance de son œuvre, son réel talent mérite de prendre une place honorable parmi les peintres du XVIIIe siècle

*** à quoi nous sert un atelier ?:

**lieu pour travailler , pour pratiquer une technique, un lieu vite indispensable à l’artiste.

** C’est une nécessité, besoin de s’isoler de réfléchir dans lieu personnel que chaque artiste va aménager à son image

(dans l’art dit « contemporain » l’atelier peut devenir l’oeuvre d’art elle même )

mais l’atelier est aussi à travers les âges une « école » un groupe qui travaille avec le maître , apprend et réalise .

aujourd’hui, chacun se construit comme il peut son lieu idéal

on trouve quoi dans un atelier actuellement ? Tout ! Lumière, matériel, stock de toiles ou œuvres , souvent mais pas toujours tout le nécessaire à musique (lecteurs, disques mais aussi instrumentsetc…) livres, objets personnels tout ce qui identifie l’artiste

exemples les amis et leur lieux  ….. G et son atelier à trois le manque de moyens entraine des partages de lieux improbables colocataires envahissants ! ,

Flo et Cécile à la recherche d’une authenticité qui leur ressemblent,

David coocooning, moi ….

chacun vit son atelier à son image ….

est-ce que ça a toujours été le cas ?

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Peintures rupestres d’Altamira

 

les premiers artistes vivaient et travaillaient dans leurs ateliers mais on a très peu de photos

à travers les différentes périodes un atelier de peintre ou d’artiste n’a pas toujours été considéré de la même façon et n’a pas toujours eu la même « utilité » ni la même signification

l’antiquité :

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Atelier d’un sculpteur travaillant sur un cheval en marbre

Lorsqu’il est installé en ville, l’artisan travaille dans un ergasterion, terme assez vague signifiant « lieu de travail », un atelier qui lui sert également de boutique 

Cet atelier-boutique est constitué en général d’une ou deux pièces peu éclairées (dont l’une donne sur la rue), dévolues le plus souvent par l’artisan à son activité au sein même de la maison familiale. Il peut également être loué dans un lieu public, agora ou portique

**Les ateliers d artistes au Moyen Âge :

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Impression à la plaque de bois gravé chinois

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De mulieribus claris

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Moyen-âge

 

la création artistique médiévale prend place dans son cadre de production, l’ atelier sous la forme de l’atelier-boutique où l œuvre est généralement commandée, produite et vendue,

mais c’est aussi le groupe humain, fortement hiérarchisé, qui, sous la responsabilité d un maître, concourt à sa réalisation. À la fois cellule de base de la création et espace de formation des artistes, cette conception doit aussi composer avec la mobilité des artistes.

Certains maîtres comme le Maître Simon iront jusqu’en Pologne avec leurs ateliers et cela au XIIe siècle

les ateliers sont donc, aussi très souvent itinérants, en particulier pour les métiers de la construction tels que la maçonnerie, la sculpture et la peinture murale.

Les ateliers du moyen-âge sont des lieux d’apprentissages, de travail et de transmission des connaissances

il exste quelques illustrations ( enluminures ou miniatures) mais pour le nord de la France et des anciens Pays-Bas bourguignons, on les connaît sur la base de documents prescriptifs comme les statuts de métiers et les ordonnances communales, mais aussi des contrats et des commandes, on a pu ainsi retracer la dynamique économique et sociale des milieux artistiques dans les villes de Flandres au xive et xve siècle 

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Jan Bruegel l’Ancien

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David ryckaert la Jeune 1638

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Vermeer

13 b-L’atelier du peintre - Antonie Palamedesz
Antoine Palamedesz

À l’autre extrémité de l’Europe, les riches archives de la couronne d’Aragon donnent à voir un aperçu assez documenté de la vie d’un atelier

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Diego Velazquez

La publication et l’analyse des fonds des cours princières italiennes du Quattrocento, en particulier des registres de comptes, ont permis de mieux appréhender non seulement le recrutement des artistes et la place de ceux-ci au sein de la cour, mais aussi les modalités de fonctionnement des ateliers au sein desquels collaborèrent de nombreux artistes au service du prince.

14 b- a-Giovanni Domenico Cerrini, L'atelier du peintre, 1632-1639.
Giovanni Domenico Cerrini 1632-1639

Durant la Renaissance, l’art perd sa dimension uniquement religieuse et devient également un moyen pour les puissants d’illustrer leur grandeur, d’assoir leur autorité et d’attirer à eux non seulement la cour mais également les savoirs-faire et les compétences.

à cette époque, l’art est produit sur commande. Les artistes choisis par les puissants sont entretenus, honorés, anoblis, bichonnés, ils prennent parfois des libertés mais ne sont pas vraiment libres.

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Joost Cornelis Droochsloot Utrecht 1586-1666 Autoportrait 1630

Scène de genre ? Autoportrait ? Publicité ? Il se peint ici dans son lieu de travail avec les outils. Ce n’est pas une tradition aux Pays-Bas (Rubens, Frans Hals ne l’ont jamais fait et Rembrandt ne l’a fait qu’une seule fois (Louvre). Le « tableau dans le tableau » est visible : paysage rural, (rare chez lui plutôt peintre d’Histoire et de genre). Il regarde le spectateur alors que son apprenti est absorbé par son travail.

Le premier tableau de ce type: Le peintre dans son atelier , 1629, Boston Museum of fine arts 1628, connu sous le titre « Le chevalet », huile sur panneau 25×31 cm.

14d-Le-peintre-dans-son-atelier-ou-le-chevalet-huile-bois-25x32cm-Boston-Museum-of-fine-Arts

Il s’agit de Rembrandt ou de Gerrit Dou son élève. L’attribution du tableau à Rembrandt est unanimement acceptée aujourd’hui.

A l’origine le panneau mesurait 35 x 31 cm. Mais on a enlevé en haut une bande de 7cm et en bas 3 cm qui probablement n’étaient pas de Rembrandt. :

Les outils de travail sont là : palettes accrochées au mur, mortier servant à broyer les pigments, dont la surface est creusée par l’usage, et qui repose sur une section de tronc taillée à la hache, différents liants sur la table du fond peut-être un plateau d’argile destiné à les chauffer. Nous croyons sentir l’odeur des huiles et des émulsions, en particulier l’huile de lin. (S. Schama).
Traitement virtuose des surfaces : plâtre du mur, plancher grossier avec son réseau de fissures, les taches, les éraflures, les ferrures posées sur la porte ternies par le temps. Les murs craquelés, un vieux plancher : c’est un atelier modeste même s’il est déjà connu. Pièce dépouillée,le  tableau visible sur l’image est de grande dimension (plus grand que ceux qu’il peignait à ce moment là)

14e--Atelier-de-Rembrandt-dessin-plume-encre-brune-vers-1648-Louvre

Plume et encre brune, lavis bruns, 17 x 23 cm dép. des Arts graphiques.

Le portrait est une activité très lucrative souvent déléguée aux compagnons et occupe une place essentielle dans la vie de l’atelier. Ici un jeune artiste est montré en train de peindre un portrait tandis que le modèle interrompt la pose pour vérifier si le résultat est satisfaisant. Un autre apprenti étudie une œuvre et un troisième broie des pigments. On reconnaît les armes et les draperies qui servaient aux peintures d’histoire et aux portraits (déguisements, décors…). Il s’agit sûrement du petit atelier situé au premier étage de la maison de la Breestraat, non loin du grand atelier occupé par Rembrandt .

14f-Artiste-paignant-un-vieillard-Dessin-9x14cm-Plume-encre-brun-et-brosse-Paris-Institut-neerlandais-

 Artiste peignant un vieillard, dessin 9 x 14 cm, plume, encre brun et brosse Paris Institut néerlandais.Vue de l’atelier vers le revers de façade avec les fenêtres orientées vers le nord, qui permettait de peindre de façon continue en ayant le minimum de variations. En ouvrant ou en fermant les volets on pouvait varier les effets de lumière.

14g--Arent-Gelder-Autoportrait-en-Zeuxis-1685-Francfurt-300x256

Arent de Gelder, autre élève de Rembrandt a peint un autoportrait en Zeuxis. huile sur toile 142×169 cm, 1685, Francfort, Städliches Kunstinstirut.

Le célèbre peintre de l’Antiquité serait mort en riant d’un modèle âgé d’une vieille femme dont il peignait le portrait. La pose que choisit de Gelder renvoie à un des derniers tableaux de Rembrandt, l’autoportrait dit en Zeuxis de Cologne 1669. Dans cet autoportrait de Rembrandt (en Zeuxis ou en Démocrite ?) on  voit un buste antique (amputé car il manque une partie du tableau).

En 1648, Louis XIV crée l’Académie Royale de peinture et de sculpture dont il confie la gestion à Le Brun. Elle est l’ancêtre de l’Académie des Beaux-Arts 

15 b-Abraham Bosse, l'atelier du peintre
Abraham Bosse

15c-Lepautre_hommage-à-Louis-XIV
Lepautre Hommage à Louis XIV

En marge de cet univers académique, une population croissante d’artistes peine à exister. Ceux-ci ne peuvent entrer à l’académie car leur style ne rentre pas dans les principes officiels ou leurs sujets d’étude sont jugés trop communs ou trop provocants.

Ils ne peuvent exposer dans les salons, tenus par les académies. Leurs moyens matériels sont bien souvent limités et doivent partager leur atelier avec d’autres artistes. C’est dans ses ateliers que l’on commence à forger une nouvelle esthétique au service d’une autre vision du monde.

15d-Peintre dans son atelier avec ses dessins (tWillem van de Velde, le Jeune)

Tableau de Michiel van Mussher (1645-1705), « Peintre dans son atelier avec ses dessins » (vers 1665). Il illustre la façon dont les peintres utilisent leurs esquisses : ces dernières sont étalées à même le sol, à portée de regard, alors que l’artiste est assis face à son chevalet, sa palette en main.

15e-Barent_Fabritius_-_Young_Painter_in_his_Studio_-_WGA7720
Barent Fabritius

16 b-cipper-giacomo-francesco-auteur peintre à son chevalet
Giacomo Cipper

16'-Tassaert_interieur_d_atelie
Tassaert

17 a-Magnasco a repris ce sujet à plusieurs reprises, dans des compositions voisines de celle-ci. Le modèle est ici un petit singe, souvent remplacé par un mendiant.
Magnasco

17-Francisco_de_Goya_-_Autorretrato_ante_el_caballete_-_Google_Art_Project
Francisco Goya

18-Nicolas de Largillierre, Portrait de Charles Le Brun, (entre 1683 et 1686)
Nicolas de Largillière

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Platzer

19 b-Hubert Robert L'Atelier du peintre, 1760
Hubert Robert

b
Louis Boilly

19 d-Le_Singe_peintre_-_Jean_Siméon_Chardin
Chardin

19-Jean-Louis-Ernest Meissonier 1860
Meissonnier

 

la révolution française = disparition des rouages de l’administration royale des arts,la suppression des institutions d’Ancien Régime dès 1789

Fin 18éme début du 19éme, un nouveau genre apparaitra 

20 a-J.M._Jacomin_LAtelier_de_Revoil_1817_recadree
Jacomin L’atelier de Revoil 1817

Dans les années 1860, Paris comptait ainsi plusieurs milliers de peintres jouissant d’une certaine notoriété

l’atelier est l’espace de la sociabilité artistique. Sa fréquentation, généralement ouverte aux intimes, aux élèves et aux amateurs, était l’occasion des rencontres et des débats esthétiques entre les peintres et les sculpteurs

20 b -Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey.

Réunion d’artistes dans l’atelier d’Isabey.

BOILLY Louis Léopold (1761 – 1845)

Le peintre montre ici l’atelier comme un lieu de réunion très couru, presque mondain.

De nombreux artistes, musiciens et architectes semblent discourir comme s’ils se trouvaient dans un cercle politique, un Salon littéraire ou un café philosophique. Tout, depuis les vêtements des personnages, les ornements décoratifs et le piano, révèle un univers de raffinement bien loin des labeurs et de la concentration nécessaire à l’activité picturale

c’est seulement évoquée par la leçon de peinture que Jean-Baptiste Isabey donne à Gérard, un autre élève de David.

20c-Atelier_Bazille

L’Atelier de Bazille, 9 rue de la Condamine à Paris.

BAZILLE Frédéric (1841 – 1870)

Il s’agit ici d’un atelier typique du quartier des Batignolles dans les années 1870, avec ses grands volumes spacieux éclairés par des baies vitrées orientées vers le nord,

Bazille et ses deux amis sont réunis autour de sa toile, déjà encadrée et comme prête à quitter l’atelier pour rejoindre les cimaises du Salon ou l’intérieur d’un collectionneur.

L’un des personnages joue du piano, indiquant que l’atelier était un lieu de convivialité ouvert au divertissement

Une nouvelle fois, rien n’est montré du processus créatif du peintre qui demeure un mystère puisque la palette, parfaitement propre, est remisée au mur près du poêle comme un simple élément décoratif.

la dimension sociale de l’atelier de l’artiste se définit comme espace de réunion, de discussion, de mise en perspective de l’activité picturale

L’artiste a besoin d’un entourage et d’un public pour mettre en perspective, discuter et recevoir ce qu’il crée. L’atelier est ce lieu dans lequel sont reçus les élèves, les admirateurs voire les collectionneurs

Ce thème si fréquent dans la peinture du XIXe siècle apparaît donc comme un révélateur de la dimension à la fois esthétique et sociologique de l’œuvre d’art

24-Fantin-Latour ,Un atelier aux Batignolles

l’atelier aux Batignolles 

Q. Latoura peint l’atelier de Manet qu’il a renommé l’atelier des Batignolles. Endroit où vivait Manet et un certains nombres d’expressionnismes.

il a représenté un rassemblement de critiques d’arts et d’artistes, Manet est au milieu, il domine.

des attitudes sobres, presque graves. Comme une volonté de faire passer ses personnages comme des personnalités sérieuses et respectables.

Témoignage de l’admiration dans les portraits. Manifeste esthétique et sorte d’auto commémoration. Ils font leurs publicités. Chacun posent pour la postérité. Ils affirment ses liens avec l’avant garde de l’époque, particulièrement dans le cas de manet qui fait figure de l’école.

29-1200px-Courbet_LAtelier_du_peintre

L’Atelier du peintre : allégorie réelle de Courbet (1855) ou Un atelier aux Batignolles de Fantin-Latour (1870), dans lesquels le peintre apparaît comme un créateur, maître de son art et chef de file d’une école.

Courbet parle de la transformation de l’atelier, espace privé devenu espace public.

Idée de l’atelier comme origine de l’œuvre, le projet s’analyse avant d’être exposé et en même temps, lieux d’exposition.

Représentation des poètes et musiciens

Baudelaire en train de lire. Différente classes sociales sont représentées.

Futurs acheteurs, commanditaires etc.

Avant de passer par des lieux d’expositions, l’atelier va devenir un espace public, les marchands et vendeurs de métiers d’art vont se rendre de manière assidue dans les ateliers d’artistes.

Si l’exposition participe a une reconnaissance sociale de l’artiste, l’atelier va aussi jouer dans ce sens. Le statut social va aussi passer par l’atelier.

aujourd’hui, les ateliers finissent toujours par se ressembler, l’artiste pense, à travers eux, cultive une forme d’originalité alors qu’il ne fait que très souvent épouser l’air du temps.

Ces ateliers sont désormais blancs et généralement dépouillés ; dans la mesure des moyens et de la reconnaissance du créateur

ils sont vastes, bien éclairés et sans meuble avec, tout au plus accrochées aux murs, quelques peintures abstraites ou, mieux,minimalistes.