C’est parti pour DIJON

Que chacun choisisse trois tableaux…

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C’est fait…

Nous sommes allé(e)s les toucher des yeux.

Belles émotions.

A l’année prochaine…

Suzanne VALADON

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Suzanne VALADON Marie Coca et sa fille 1913

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(Recherche effectuée par Daïna)

La FRANCE entre 1865 et 1938

Le XIX ème siècle est, pour l’EUROPE, le siècle des révolutions industrielles, ce qui va apporter d’immenses richesses, mais aussi casser les anciennes structures sociales. Au-delà des espoirs qu’a fait naître chez certains la révolution industrielle, cette dernière est également le signe menaçant de l’expansion capitaliste.Ainsi naissent les mouvements communistes, les doctrines socialistes révolutionnaires.

C’est également, pour l’EUROPE, le siècle où ses élites intellectuelles vont la transformer : savants, artistes, intellectuels vont porter la recherche technologique, la recherche scientifique, la recherche artistique, la recherche des idées, à un niveau jamais atteint auparavant :

RIMBAUD, VERLAINE, MONTHERLANT, ZOLA, BERGSON… pour les Lettres,

CEZANNE, DEGAS, GAUGUIN, MONET, MUNCH… pour la peinture,

DEBUSSY, FAURE, MAHLER, PUCCINI, SAINT SAENS… pour la musique,

Marie et Pierre CURIE, BECQUEREL, DURKHEIM, Henri POINCARE… pour les sciences,

et pour les inventions « locales » :

François BOURDON, pour le marteau-pilon du CREUSOT,

les frères NIEPCE, pour la photographie sur verre et le moteur à explosion !

Au début du XXème siècle, la FRANCE est une république démocratique et parlementaire. C’est un pays riche : la 3ème puissance industrielle d’EUROPE. C’est un grand foyer artistique. Mais c’est également un pays socialement agité : grèves, insurrection paysanne dans le vignoble languedocien.

Et c’est la Première Guerre Mondiale, avec son 1.400.000 de jeunes hommes morts et 3.000.000 de blessés, les finances de l’Etat submergé de dettes, notamment vis-à-vis de l’Amérique.La FRANCE a des difficultés pour financer la reconstruction des régions dévastées(Nord et Nord-Est), régler ses dettes, verser les pensions des blessés, des veuves et des orphelins de guerre.

Le franc est dévalué à 80%.

En 1920, la GAUCHE française se divise entre socialistes réformistes et communistes adhérents à la TROISIEME INTERNATIONALE.

La crise économique mondiale atteint la FRANCE en 1932. Chômage et pauvreté progressent.

Devant la montée de l’Extrême-Droite – menace pour la République et la démocratie, les partis de Gauche forment une alliance électorale : le FRONT POPULAIRE, qui gagne les élections législatives ; mais la Guerre Civile espagnole divisera le Front Populaire qui éclatera en 1937.

Suzanne VALADON (1865 – 1938 )

Marie-Clémentine VALADE, naît de père inconnu à BESSINES sur GARTEMPE (Limousin) le 23 Septembre 1865.

Sa mère, Madeleine VALADE, lingère, s’établit à MONTMARTRE lorsque Marie-Clémentine a 5 ans.

Elle la place dans une institution religieuse pour de courtes études primaires. Turbulente, elle s’échappe pour aller dessiner à la craie avec des morceaux de charbon de bois, sur les trottoirs et les murs.

Elle se fait renvoyer pour mauvaise conduite.

Elle s’enfuit dès l’adolescence du foyer familial pour travailler comme apprentie couturière dans une maison de Haute-couture où elle orne des chapeaux de plumes, d’oiseaux et de fleurs, et brode des coiffes.

Elle exerce d’autres petits métiers : vendeuse de 4 saisons aux HALLES, serveuse.

Mais instable et audacieuse, elle préfère se lancer à la découverte de la vie animée de l’époque.

De caractère frondeur et indépendant, elle rêve de découvrir le monde du cirque. Et elle rencontre le Comte Antoine de la ROCHEFOUCAULT (artiste-peintre et collectionneur d’art français) qui lui fait découvrir le cirque MOLLIER, installé près de chez elle, fréquenté par des amateurs, des comédiens, des bourgeois.

Elle veut devenir trapéziste et y travaille. Mais une mauvaise chute lors d’une répétition, met fin à son rêve.

Dessinant sur le trottoir du boulevard ROCHECHOUART, un monsieur important remarque sa beauté et son talent – PUVIS de CHAVANNNES – et demande de poser pour lui. Elle accepte, devient sa muse et ce, pendant 7 ans, et sa maîtresse malgré les 40 ans qui les séparent.

1 le Bois sacré PUVIS de CHAVANNES

Le bois sacré cher aux Arts et aux Muses 1883.

Elle connaît tous les peintres de la BUTTE MONTMARTRE.

RENOIR, DEGAS, TOULOUSE-LAUTREC,et, ERIK SATIE le musicien, entrent dans sa vie.Elle devient leur modèle, leur muse,…leur maîtresse, à l’exception de DEGAS pour lequel elle ne posera pas.

PUVIS de CHAVANNES la dirige vers RENOIR qui cherche un modèle pour ses panneaux

2 Suzanne VALADON par RENOIR

Suzanne VALADON

3 Danse à la villePierre Auguste RENOIR

La danse à la ville 1882

4 Danse à la campagne Pierre Auguste RENOIR

La danse à Bougival 1883.

Puis elle pose pour TOULOUSE-LAUTREC, dont elle devient la maîtresse durant 2 ans.

Il lui donne l’idée de son futur prénom SUZANNE, jusqu’alors prénommée MARIA par ses amis peintres .

5 La buveuse ou gueule de bois

La buveuse ou Gueule de bois 1883 

6 Mme VALADON, artiste peintre par TOULOUSE-LAUTREC 1885 - Copie

Mme Suzanne Valadon, artiste-peintre 1885

C’est également lui qui découvre ses talents de dessinatrice.

Il la présente à Edgar DEGAS qui devient son soutien et le restera jusqu’à la fin de sa vie, ainsi qu’au sculpteur BARTHOLOME.

7 Suzanne VALADON par BARTHOLOME

 Suzanne VALADON

Elle pose pour les plus grands peintres de l’époque : FORAIN, STEINLEN

8 Suzanne VALADON par STEINLEN

(Portrait de Suzanne de VALADON ), Giuseppe de NITTIS, HENNER.

A force de regarder travailler ces peintres, elle apprend leurs techniques, leurs gestes ; elle observe, écoute, s’instruit ; un apprentissage sur le tas, en quelque sorte.

Elle fréquente aussi bien les rapins de la BUTTE MONTMARTRE que les peintres de renom .

Elle est de toutes les fêtes, toutes les folies ; elle se brûle à toutes les passions. Elle danse, elle chante, elle boit au LAPIN AGILE, au CHAT NOIR, au MOULIN ROUGE.

En cette fin de XIXème siècle, conservateur et puritain, elle fait preuve d’un mépris des conventions et d’une assurance propre à une aventurière.

Elle fait ses premiers dessins en 1880, alors que Paris découvre les grands conflits sociaux du monde ouvrier.C’est la chute de Napoléon III et l’apogée de la IIIème République.

Elle vit une brève liaison avec SATIE dont elle peint le portrait.

9 portrait d'Erik SATIE 1892

Portrait d’Erik SATIE 1892

En 1883, âgée de 18 ans, elle accouche d’un garçon, MAURICE, né d’une liaison passagère avec un Catalan nommé UTRILLO y MOLINS, journaliste et peintre, qui lui donnera son nom.

De 1883 à 1893, elle réalise de nombreux dessins à la mine de plomb, fusain, sanguine .

10 Jeunes femmes à la toilette 1893

Jeunes femmes à la toilette 1893

11 Grand-mère et enfant 1908

Grand-mère et enfant

Elle débute la peinture en 1893 et peint ses premiers modèles : son fils, sa mère, sa nièce…

12 Jeune fille faisant du crochet 1892

Jeune fille faisant du crochet

En 1894, elle est la seule femme admise à la SOCIETE des BEAUX ARTS au CHAMP de MARS à PARIS. Elle y présente «  Trois études d’enfants », «  Toilette du petit-fils » et « Grand-mère et son petit-fils ».

De 1894 à 1896, Suzanne VALADON travaille beaucoup : elle exécute toute une série de nus debout, assis, allongés, accroupis.

13 Utrillo nu assis sur un lit 1895

Utrillo nu assis sur un lit 1895

DEGAS est le premier à lui acheter des dessins. Il la présnte à des collectionneurs, au marchand de TOULOUSE-LAUTREC, à PISSARO, GAUGUIN, CEZANNE.

Il l’initie à la gravure, à la technique du vernis-mou.

15 Catherine et le jeune garçon 1910 gravure

 La toilette

Dès 1895, le galeriste Ambroise VOLLARD ( celui qui a révélé CEZANNE, GAUGUIN, VAN GOGH, MATISSE, PICASSO ) publie ses premières estampes. Elle se met à la pointe sèche.

14 La toilette 1895 vernis mou

Catherine et jeune garçon 

16 Catherine nue se coiffant

Catherine nue se coiffant

En 1896, elle épouse Paul MOUSSIS, un ami de SATIE, riche agent de change. Le couple s’installe à MONTMARTRE, rue CORTOT.Elle y vivra 13 ans de façon bourgeoise.

De 1883 à 1909, on lui reconnaîtra 300 œuvres sur papier et une vingtaine de toiles. Alors que sur la période qui va suivre – soit de 1909 à 1938 – on lui attribuera 450 huiles !

En 1909 , elle rencontre le peintre André UTTER, de 20 ans son cadet, ami de Maurice UTRILLO, et emménage avec lui.

Sa nouvelle passion marque un tournant décisif dans sa vie et dans sa carrière.

Paul MOUSSIS entame une procédure de divorce qui aboutira en 1913.

Les œuvres des années 1909-1914 témoignent de son nouveau bonheur.

Tout à sa nouvelle passion, elle relate sans pudeur, son plaisir sexuel avec son jeune amant.

17 Adam et Eve 1909

Adam et Eve , dont elle devra cacher la nudité trop évidente par une guirlande de feuilles de vigne 

18 La joie de vivre 1911

  La joie de vivre  

19 Le lancement du filet 1914

  Lancement du filet  qu’elle expose au Salon des Indépendants 

20 Ni blanc, ni noir ou Après le bain 1909

Ni blanc, ni noir ou Après le bain 

21 La couturière 1914

La couturière 

22 Maurice Utrillo, sa grand-mère et son chien 1910 - Copie

Maurice Utrillo, sa grand-mère et son chien

23 Portrait de famille 1912

Portrait de famille

24 La mère de l'artiste 1912

La mère de l’artiste 

25 Paysage de Corse (CORTE) 1913

Paysage de Corse

Maurice UTRILLO – alcoolique, soigné pour schizophrénie à SAINTE-ANNE, pour qui la peinture lui est recommandée comme thérapie – montre très vite un réel talent.

Lorsque la GRANDE GUERRE éclate, Suzanne VALADON reste seule à PARIS ; UTTER qu’elle vient d’épouser, part au FRONT.Blessé, elle ne le reverra qu’en 1917.

26 Portrait de femme, Joséphine 1915

Portrait de femme,Joséphine

27 Femme à la contrebasse 1915

Femme à la contrebasse

28 L'acrobate ou La roue 1916

L’acrobate ou la roue

29 Trois danseuses 1916

Les 3 danseuses

La paix revenue, le « trio infernal », VALADON-UTTER-UTRILLO, se reforme et vit du pactole gagné par ce dernier à chaque exposition.

A partir de 1918, elle peint de nombreuses toiles, notamment des portraits, des nus, des natures mortes. Ses œuvres sont vendues pour la première fois aux enchères en 1920.

30 Maurice Utrillo devant son chevalet 1919 - Copie

Maurice Utrillo devant son chevalet

31 Mulâtresse nue tenant une pomme 1919 - Copie

Mulâtresse nue tenant une pomme

32 Nu allongé sur canapé rouge 1920

Nu allongé sur canapé rouge

33 Portrait de la famille UTTER 1921

Portrait de la famille UTTER

S.Valadon, Die verlassene Puppe - - Valadon, Suzanne

La poupée délaissée

35 Portrait de Miss Lily Walton 1922

Portrait de Miss Lily Walton

36 Portrait de Madame LEVY 1922

Portrait de Mme LEVY

37 Gilberte nue assise sur un lit à la couverture rayée 1922 - Copie

Gilberte nue assise sur un lit à la couverture rayée

En 1923, grâce à l’argent des tableaux d’UTRILLO, UTTER achète le Château SAINT-BERNARD, dans le Beaujolais, au bord de la Saône, où Suzanne VALADON réalise de nombreux paysages.

38 La tour du château St BERNARD 1929

La tour du château St BERNARD

39 Le village de St BERNARD 1929

Le village de St BERNARD

40 L'étable en Beaujolais 1921

L’étable en Beaujolais

Durant les vingt dernières années de sa vie, hantée par le désir furieux de protéger financièrement son fils, elle travaille avec acharnement. Elle varie les thèmes, libère sa palette, joue avec les couleurs, appuie sur les contours.

41 Catherine nue sur une peau de panthère 1923 - Copie

Catherine nue sur une peau de panthère

42 La chambre bleue 1923

La chambre bleue

43 La boîte à violon 1923

La boîte à violon

44 La femme aux bas blancs 1924

La jeune femme aux bas blancs

45 Le repos 1925

Le repos

Lors de ses vacances en Corse, Bretagne, Pyrénées, Bourgogne, elle peint des paysages.

Puis elle se prend d’intérêt pour les natures mortes.

46 Nature morte aux poissons 1937

Nature morte aux poissons

47 Nature morte aux liêvre, faisan et pommes 1930 - Copie

Nature morte au lièvre, au faisan 

48 Nature morte aux tulipes et au compotier de fruits 1924 - Copie

Nature morte aux tulipes et au compotier

49 Panier d'oeufs de cane 1931_jpg-1

Panier d’oeufs de cane

Elle reçoit des commandes de portraits qu’elle brosse sans concession.

50 Portrait de Lucie VALORE(mme Utrillo) 1931 - Copie

Portrait de Lucie VALORE

51 Grand-mère chaussant une fillette 1931 - Copie

Grand-mère chaussant une fillette

52 Les deux soeurs 1928

Les 2 sœurs

53 Autoportrait aux sens nus 1931

Auto-portrait aux seins nus 

Elle aime les noirs, les pourpres, les bleus métalliques. Elle remplit sa toile : étoffes brochées, drapés baroques, papiers-peints fleuris.

UTTER la trompe, la délaisse. Elle déprime.

En 1926, elle emménage avenue JUNOT.

A partir de 1928, son succès devient international et elle participe à des expositions de groupe à l’étranger.

Elle peint beaucoup de fleurs.

54 Rose dans un verre, peinte sur palette 1931

Rose dans un verre peinte sur palette

55 Fleurs et fruits devant un vieux mur 1932

Fleurs et fruits devant un vieux mur

En 1932, une importante exposition rétrospective lui est consacrée à la Galerie Georges PETIT.

En 1933, elle est invitée par Marie-Anne CAMAX-ZOEGGER, elle-même artiste-peintre, à rejoindre le groupe FEMMES ARTISTES MODERNES (F.A.M) avec lequel elle exposera jusqu’à la fin de sa vie.

En 1935, malade, elle est hospitalisée.

En 1937, le musée du LUXEMBOURG achète plusieurs de ses œuvres.

«  Elle est finie mon œuvre, et la seule satisfaction qu’elle me procure est de n’avoir jamais trahi ni abdiqué rien de tout ce à quoi j’ai cru. Vous le verrez peut-être, un jour, si quelqu’un se soucie jamais de me rendre justice. »

Suzanne VALADON à Francis CARCO, peu avant sa mort.

Le 7 Avril 1938 elle meurt soudainement d’une attaque devant son chevalet.

Tout PARIS assiste aux funérailles à l’église SAINT-PIERRE de MONTMARTRE.

Elle repose au cimetière de SAINT-OUEN.

Florent FELS, journaliste à L’INFORMATION, en 1921 :

« La matière est riche et nette, la couleur sobre et vivante, la touche large et ardente. Il y a dans cette peinture une foi et une certitude, que peuvent seuls acquérir ceux qui ont gagné la maîtrise, l’outil au poing. Qu’attend- on pour reconnaître, en VALADON, l’artiste qui sera un jour l’une des gloires de la peinture féminine française ? ».

Alfred SISLEY

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Alfred SISLEY Chemin montant 1870

ALFRED SISLEY

1839 – 1899

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Vers 1872 1874

(Recherches effectuées par Alain)

Alfred Sisley est né à Paris le 30 octobre 1839 quatrième et dernier enfant de parents anglais William Sisley (1799-1897) et Felicia Sell (1808-1866) qui viennent d’arriver à Paris pour ouvrir une succursale d’une entreprise familiale de commerce international de produits de luxe. Sisley passera toute sa vie en France mais il parlera parfaitement l’anglais et demeurera citoyen britannique, à la fin de sa vie il demandera la nationalité française mais il décèdera avant de l’obtenir. On ne sait pratiquement rien des premières années de sa vie on peut supposer qu’il reçut une éducation bourgeoise.

A l’âge de 18 ans il est envoyé en Angleterre par ses parents pour quatre ans afin d’y perfectionner son anglais et d’y apprendre le métier d’homme d’affaire. Le résultat attendu n’a pas été à la hauteur des espérances de ses parents. Il y apprit surtout la peinture auprès de Turner et de Constable et la littérature devant les pièces de Shakespeare. A la National Gallery il étudie les Maitres hollandais du Siècle d’Or (XVIIe) – Hobbema, Koninck, Van Ruysdael et Rubens – mais aussi les peintres anglais des XVIIIe et XIXe tels que Gainsborough, John Crome, Turner et Constable.

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Tableau de 1809 dimensions 80 x 57,6 représentant Malvern Hall exposé à la Tate Gallery à Londres.

C’est à n’en pas douter l’oeuvre de Constable qui l’aura le plus marqué. On sent chez les deux artistes une même réceptivité aux doux paysages fluviaux

Lorsqu’il revient à Paris vers 1860, sur le conseil de Frederic Bazille il s’inscrit à l’atelier du peintre académique suisse Marc Charles-Gabriel Gleyre (1806 – 1874). Ce dernier a créé à Montparnasse un atelier qui a beaucoup de succès car il n’est pas cher, les élèves n’ont à payer que les modèles engagés par l’atelier. Sisley y fera la connaissance des jeunes artistes qui deviendrons ses futurs compagnons de route : Auguste Renoir, Claude Monet et Frederic Bazille qui mourra prématurément en 1870 à la guerre. Sur ce tableau on peut voir Bazille avec sa palette devant le chevalet Manet lui fait face Monet derrière, Zola sur l’escalier et Sisley assis au fond à droite.

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Tableau réalisé en 1870 dimensions 98 x 128,5 exposé au Musée d’Orsay Manet aurait participé à la réalisation du personnage de Bazille.

Il est certain que le début des année 1960 correspond à une période productive et heureuse, il est décrit comme particulièrement gai et bout en train, il fait la rencontre de Marie-Louise Adélaïde-Eugénie Lescouezec, la femme qui demeurera à ses côtés pendant les plus de 30 ans à venir. Il quitte l’atelier de Gleyre en 1864 et poursuit sa formation en parcourant la Forêt de Fontainebleau avec ses amis à la recherche de paysages qui sert de champ d’investigation aux peintres de l’école de Barbizon depuis 1830. Tel ce tableau ci-dessous représentant une allée de châtaigniers à la lisière de la forêt de Fontainebleau.

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Allée de châtaigniers 1865 129 x 208 Petit Palais

Il côtoie également Pissarro en plus de Renoir et Monet et il est bien évident que l’observation des techniques de ses amis et les échanges qu’ils ont pu avoir ont contribués à parfaire sa maitrise. Les paysages peints par l’artiste au milieu des années 60 montrent que l’artiste possède une grande maitrise de la technique picturale.

En 1866 deux de ses toiles faisant pendant sont acceptées au Salon :

Rue de village à Marlotte

Femmes allant au bois

En 1867 ses oeuvres ainsi que celles de Monet, Pissarro, Bazille, Renoir et Cézanne étant refusées au Salon ils signent une pétition pour obtenir la création d’un Salon des Refusés.. Naissance de son premier fils.

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Rue de village à Marlotte 1866 dimensions 50 x82 New York

Marlotte est un petit village près de la forêt de Fontainebleau à l’opposé de Barbizon où tous ces artistes avaient l’habitude de se retrouver au printemps. Jusqu’au début des années 60 il bénéficie d’une aide financière de son père ce qui lui permet de vivre assez confortablement, toutefois cette aide cessera au début de sa liaison avec sa compagne qui lui donnera deux enfants sans qu’ils soient mariés. Cette situation deviendra délicate avec la chute du second empire, la commune et une période d’austérité qui entrainera la ruine de son père et sa mort en 1879.

Durant la guerre il est obligé de quitter Bougival où il était installé pour revenir à Paris, son atelier est occupé par les Prussiens qui auraient détruits 70 de ses premières toiles.

A partir de 1872 il revient dans la région de Louveciennes au hameau de Voisins toujours dans le même secteur très fréquenté et peint par les impressionnistes et où habite Pissarro. Il réalisera de très nombreuses toiles. L’un de ses sites préférés et la ville est la ville d’Argenteuil où vit et travaille Monet. On sent qu’il est heureux de participer à ce mouvement impressionniste qui correspond à sa vision de la nature et des villages près de la seine et au milieu de ses amis qui partagent le même idéal.

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La grande rue d’Argenteuil 65,4 x 46,2 Norwich Castle Museum

Contrairement à Monet et Renoir ses toiles seront refusées par les jurys et il a énormément de mal à vendre ses oeuvres et malgré le soutien d’un certain nombre de mécènes il vivra dans la pauvreté jusqu’à la fin de sa vie.

En dépit de ses grandes difficultés il persistera toujours dans le même style à représenter la seine et ses environs avec la même douceur et la même quiétude. Il restera un paysagiste.

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Le Pont d’Argenteuil 1872 38,5 x 60,9 Memphis Brooks Museum of Arts

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Bords de la Seine à By 1880 54 x 73 Williamstown Massachusetts

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Le pont de Moret 1893 65 x 73 Paris Musée d’Orsay

E n 1897 il retourne pour la dernière fois en Angleterre pour probablement légaliser son union qui dure depuis plus de trente ans avec Eugénie qui lui aura donné trois enfants Pierre, Jeanne et Jacques ce dernier étant décédé en bas âge.

Au cours de ce dernier voyage il ramènera encore quelques beaux paysages marins.

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La falaise de Penarth – Temps orageux 1897 55,2 x 66 The Beaverbrook Art Gallery

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Lady’s Cove, Longland Bay- 1897 65,5 x 81,2 Collection particulière Londres

Ils rentrent à Moret sur Loing en octobre 1897 et Eugénie et déjà atteinte d’un cancer. Elle s’éteindra en octobre 1898 et Sisley atteint lui-même d’un cancer sombre dans une profonde dépression et meurt trois mois plus tard dans le plus grand dénuement. Une semaine avant sa mort il demande à Monet, avec qui il est resté très ami ; de veiller au bien-être de ses enfants. Monet et Renoir organiseront une vente des tableaux de son atelier au profit de ses enfants et immédiatement un engouement pour ses oeuvres va le faire considérer comme le plus grand paysagiste de son époque.

Ses derniers tableaux auront pour thème les bords du Loing.

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Bateaux du Berry sur le Loing – Effet du matin 1896 53,5 x 65 Collection particulière

A la fin de sa vie Sisley a beaucoup peint ce secteur du Loing. J’ai dans mes document une toile postérieure de plus d’un an dénommée le Tournant du Loing de 1897 mais je n’ai pas pu la retrouver sur internet, ses droits de reproduction sont probablement protégés, toutefois nous l’avons vu au musée des Beaux-Arts de Lyon dans une exposition temporaire en 2002.

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Alfred SISLEY Chemin montant 1870

Chemin montant vers 1878 – 1879 38 x 55 Musée des Beaux Arts Lyon

Le spécialiste François Daulte a daté ce tableau de 1876 alors que Sisley était à Marly le Roi toutefois il aurait fort bien pu être réalisé lorsqu’ il vivait dans le secteur de Bougival comme le montre le tableau suivant.

Cette oeuvre a été soigneusement composé avec son talus herbeux à gauche et une clôture rustique à droite donnant une profondeur de champ assez spectaculaire et qui attire l’oeil sur une petite maison blanchie à la chaux au fond. Sur le chemin nous observons trois personnages vus de dos placés un peu en triangle le plus éloigné se trouvant quasiment au point de fuite ce qui accentue encore la profondeur de champ. Le premier est un homme âgé appuyé sur sa canne un peu plus loin sur la droite une femme la tête rentrée

dans les épaule qui semble porter un lourd panier et le troisième au fond à peine esquissé.

Ce tableau exécuté à larges touches met en valeur les herbes et les buissons à gauche opposé au chemin au sol irrégulier ensoleillé avec cette ombre violette au premier plan qui donne une impression nostalgique de forte chaleur. Le ciel qui prend toujours chez Sisley une place importante sur la toile parait très nuageux et annoncer un changement de temps.

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La Route de Parnay à Bougival 1874 45 x 65 Collection particulière

Pour terminer on peut noter que malgré les grandes difficultés que Sisley a eues pour vendre ses toiles son style n’a jamais changé, il a toujours réalisé des oeuvres de petites dimensions inférieures à 1 m, avec un grand ciel, la présence d’eau, rivières, inondations, ponts, paysagiste exclusif on dispose d’une toile où il a représenté ses enfants. Il a fréquenté tous les impressionnistes Manet, Monet, Pissarro, Caillebotte, Bazille, Morisot, Renoir etc. Il a peint essentiellement dans la région parisienne à l’exception de quatre voyages en Angleterre d’où il a ramené quelques toiles et d’un voyage en Normandie

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REMBRANDT Van RIJN

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Rembrandt VAN RIJN La lapidation de St Etienne 1625

CONTEXTE HISTORIQUE : LA GUERRE DE 80 ANS ET LE SIECLE D’OR HOLLANDAIS

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(En 1500, Charles Quint, futur Empereur du Saint-Empire romain germanique, naît à Gand.

Né Habsbourg, il hérite successivement des Dix-Sept Provinces (1506), de l’Espagne et de ses colonies (1516), et est élu Empereur des Romains en 1519.

La Pragmatique Sanction de 1549, édit de Charles Quint, établit les Pays-Bas (Dix-Sept Provinces ou Pays-Bas espagnols) en une entité séparée du Saint-Empire et du Royaume de France.

En 1556, Charles Quint abdique et l’Espagne et les Pays-Bas des Habsbourg reviennent alors à son fils Philippe II d’Espagne. )

La guerre de Quatre-Vingts Ans, également appelée révolte des Pays-Bas ou encore révolte des gueux, est le soulèvement armé mené de 1568 à 1648 (traités de Westphalie) contre la monarchie espagnole par les provinces s’étendant aujourd’hui sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et le nord de la France.

Au terme de ce soulèvement, les sept provinces septentrionales gagnent leur indépendance sous le nom de Provinces-Unies, indépendance effective en 1581 par l’Acte de La Haye et reconnue par l’Espagne par un traité signé en 1648 en marge des traités de Westphalie.

La guerre de Quatre-vingts Ans coupa cette entité en deux régions : la République des Provinces-Unies qui se développa comme une puissance maritime, et les Pays-Bas espagnols (qui recouvraient à peu de chose près la Belgique actuelle) dont le destin fut pour deux siècles partagé entre la France et l’Espagne.

Politiquement, un État de type nouveau était apparu, gouverné au plan civil par un parlement fédéral (les États Généraux), mais où un reliquat de pouvoir aristocratique (le stathoudérat) était maintenu aux affaires militaires, et assumé par une dynastie (la Maison d’Orange-Nassau).

Le siècle d’or néerlandais est une période de l’histoire des Pays-Bas comprise entre 1584 et 1702. Cette période voit la république des Provinces-Unies ancêtre des actuels Pays-Bas se hisser au rang de première puissance commerciale au monde, tandis que le reste de l’Europe se débattait dans les affres de la récession qui devait durer par endroits jusqu’en 1750.

La liberté de culte qui régnait aux Pays-Bas y attira les personnes les plus diverses, n’ayant en commun que d’être opprimées pour leurs croyances. Ces réfugiés rejoignirent une république en pleine croissance, qui leur offrait travail et liberté d’opinion. Écrivains et érudits s’y établirent pour enseigner et publier en toute liberté ; avec la fondation de l’université de Leyde et le développement des sciences humaines et des sciences naturelles, le pays devint l’un des centres du savoir.

La Hollande, avec son organisation commerciale, va susciter la jalousie des États voisins : la France et l’Angleterre y mettront fin (fin du XVIIème)

La peinture atteignit au XVIIe siècle une telle perfection aux Pays-Bas qu’on la confond pratiquement avec le Siècle d’or. Mais cette prospérité n’est que le produit des évolutions sociales et culturelles de cette époque.

La production artistique était déjà considérable au XVIe siècle. Dans la seule ville d’Anvers on comptait en 1560 plus de 300 maîtres de la peinture et des arts graphiques, alors qu’il n’y avait que 169 boulangers et 78 bouchers.

Bientôt la vente de peinture et de gravures entrèrent en compétition, faisant des Pays-Bas un gigantesque atelier graphique. Chaque année, 70 000 nouveaux tableaux arrivaient sur le marché, 650 à 700 peintres néerlandais, plus ou moins célèbres, ainsi que leurs élèves, peignant en moyenne et quasiment en série 94 toiles par an. Certains historiens, comme Michael North, estiment que plusieurs millions de tableaux ont ainsi été peints, dont il ne subsisterait aujourd’hui qu’à peu près 10 %.

Les thèmes picturaux religieux traditionnels étaient délaissés depuis la Réforme en tant que « catholiques » ( Iconoclasme à partir de 1566) . Les bourgeois protestants voulaient immortaliser leur piété, leur mode de vie, se faire représenter eux-mêmes dans leur cadre professionnel ou familial.

Naît une forte demande en portraits individuels ou de groupe, où sont représentés la famille, les parents, les membres d’associations, les assemblées délibératives ; ou bien des festivités et des cérémonies ; les natures mortes fournissent des aperçus de la vie quotidienne de la bourgeoisie.

A tel point que les artistes se spécialisent

Willem Claeszoon Heda et Willem Kalf ne peignaient que des natures mortes.

002claeszoon

Jan van Goyen, Jacob van Ruisdael et Meindert Hobbema pratiquaient la peinture de paysage ;

003_Ruisdael

Jan Steen, Adriaen van Ostade et Adriaen Brouwer la satire villageoise,

Öèôðîâàÿ ðåïðîäóêöèÿ íàõîäèòñÿ â èíòåðíåò-ìóçåå Gallerix.ru

Gerard Terborch et Pieter de Hooch la comédie de mœurs.

005Hooch,_Woman_Drinking_with_Soldiers

Pieter Jansz Saenredam et Emanuel de Witte la peinture de monuments,

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Thomas de Keyser et Frans Hals le portrait.

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Willem van de Velde s’était spécialisé dans les marines,

008vandevelveBattleOfTexel

 

Paulus Potter peignit d’abord des animaux, avant de se limiter aux seuls veaux

009Paulus_Potterunlaboureur et son troupeau

Philips Wouwerman ne peignait, quant à lui, que des chevaux,

010The_Grey_c1646_Philips_Wouwermans

Melchior d’Hondecoeter se limitait presque exclusivement aux oiseaux,

Chickens and Ducks, by Melchior d' Hondecoeter

Jan van Huysum aux fleurs

012Jan_van_Huysum

et Abraham van Beijeren aux fruits de mer (huîtres, homards et coquillages).

013Abraham_Hendriksz_van_Beyeren_003

Le prix des tableaux, qu’on vendait le plus souvent à la criée dans la rue ou lors des foires annuelles, était généralement très bas, et avec la demande croissante, qui provoqua une explosion de la production artistique, la condition de peintre s’améliorait régulièrement.

Quelques peintres appréciés pouvaient subvenir à leur besoins par des activités annexes, les moins connus ne pouvaient vivre que de la peinture. Jan Steen tenait une auberge, Jacob van Ruisdael était médecin, Jan van Goyen faisait le commerce de tulipes, Meindert Hobbema était percepteur, la famille van de Velde tenait une lingerie.

Rembrandt ou Vermeer ne sont pas représentatifs de leur époque, et leur génie fut à peine reconnu de leur vivant.

D’autres au contraire pouvaient faire fortune, comme Gérard Dou (élève de Rembrandt) et Gerrit van Honthorst : c’étaient les peintres qui travaillaient pour la cour du stathouder ou qui comme Rubens s’établissaient comme peintres de cour dans les pays encore féodaux et catholiques, comme les Flandres, l’Italie, la France ou l’Espagne.

Avec le début de la commercialisation de l’art, une relation nouvelle entre peintre et commanditaires se développa : le métier de marchand d’art ou de propriétaire de galerie faisait son apparition. Les tableaux qui se vendaient étaient des compositions aux thèmes le plus souvent profanes, du fait des progrès du protestantisme.

BRÈVE BIOGRAPHIE

Rembrandt naît en 1606 à Leyde.

014Goyen_1650_View_of_Leiden_from_the_Northeast

Il est le neuvième enfant du meunier Harmen van Rijn (« du Rhin »).

Promis à une carrière administrative ou cléricale, il fréquente sans conviction l’université, puis s’oriente vers l’âge de 15 ans vers une carrière plus artistique.

Il fréquente pendant plusieurs années l’atelier de Jacob Isaacsz, puis part

vers 1625 à Amsterdam pour quelques mois dans l’atelier de Peter Lastman.

de 1626 à (vers) 1632

Il travaille à Leyde, souvent en rapport avec Lievens (1607-1674)

Jan Lievens

La première grande commande de Rembrandt (Constantin Huyguens pour le compte du stathouder Frédéric Henri) est une série de tableaux de la Passion destinés à être accrochés dans les appartements privés.

1632: Amsterdam

Atelier Uylenburgh, qu’il dirige et où il vit.

Peint la célèbre Leçon d’anatomie du Docteur Tulp.

017tulpRembrandt_Harmensz._van_Rijn_007

Sa renommée croît.

1634 : il épouse Saskia Uylenburgh, riche cousine de son patron et devient membre de la Guilde de Saint-Luc.

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019lefilsprodigue

Ils perdront trois enfants en bas âge. Seul Titus, le quatrième, né en 1641, grandira aux côtés de Rembrandt.

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1639 : achat de la maison bourgeoise dans la Sint-Antoniesbreestraat où il installe son atelier.

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Début de l’endettement.

1642 : Saskia meurt.

Achèvement et livraison de La Ronde de Nuit.

022The_Nightwatch_by_Rembrandt

Il reste seul avec Titus,( ne peut se remarier à cause du testament de Saskia?) et du coup entretien une relation avec Geertje, la nourrice de Titus pendant 7 ans.

Cette relation se terminera de façon assez sordide, entre les tribunaux et les internements.

1649 : début de la liaison avec Hendrickje, son employée de maison,

023hendrickje-stoffelsyoung-girl-at-the-window-by-rembrandt-1657

avec qui il vivra jusqu’à sa mort. Elle lui donnera une fille : Cornélia (1654).

Début de la dégradation de ses affaires.

1655 :En raison de ses ennuis avec la justice, de sa vie hors des bonnes mœurs et peut-être de placements hasardeux, Rembrandt arrive à une sorte de désastre financier qui aboutira à la vente de tous ses biens, puis de sa maison en 1660.

1660 : il déménage avec Titus, Hendrickje et Cornélia dans une maison et un quartier plus modeste.

Il n’a plus le droit de vendre sa peinture, et ce sont Titus et sa compagne qui gèrent les ventes.

Il perdra Hendrickje en 1663 et Titus en 1668, avant de mourir lui-même en octobre1669.

Malgré ses déboires sociaux il gardera un certain nombre de soutiens et d’admirateurs, donc de commandes.(1660 :le serment de Claudius Civilis pour l’hôtel de ville qui ne sera jamais payé et dont il ne subsiste que la partie centrale,

024rembrandt-de-samenzwering-van-claudius-civilis-1662

1662 : Le syndic des drapiers)

025The_Syndics_of_the_Clothmaker's_Guild

1669 : décès de Rembrandt.

MES TABLEAUX PRÉFÉRÉS

Hendrigkje au bain -1654-   62cmx47cm   National Gallery Londres

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Comme dans ses derniers autoportraits, la simplicité du sujet est touchante, d’autant plus qu’elle est traitée dans des tons dorés. Le temps s’arrête, on entend le silence.

Portrait de Jan SIX   -1654-  112cmx102cm

bbis

Alors que le visage est peint minutieusement, le reste du tableau, en particulier les mains et les parures de l’habit rouge, semblent posés rapidement. Pourtant le tout est absolument harmonieux…

LE PERUGIN

38
LE PERUGIN L’ascension du Christ 1495-98

001

(Recherches effectuées par Gabriel)

PIETRO DI CRISTOFORO VANNUCCI, dit LE PERUGIN est un peintre italien de la renaissance

né vers 1448 dans une famille de riches notables de la petite ville de Cita Cella Pieve, dans les environs de Pérouse. Il s’initie aux techniques de la fresque et du dessin puis il se forme en étudiant les œuvres de peintres italiens tel que Verrocchio dont il fut l’élève avec un certain Léonard de Vinci entre 1470 et 1472.

En 1472, il quitte son statut d’apprenti et peint un saint Jérôme, commande d’un couvent de religieuses.

Beaucoup de ses œuvres de jeunesse ont été longtemps attribuées à Verocchio ou à Botticini comme le Portrait d’un jeune homme reconnu du Perugin seulement en 2004.

Entre 1480 et 1482, il travaille aux fresques de la chapelle Sixtine et y peint trois scènes dont le baptême du christ et Moïse voyageant en Égypte en collaboration avec Botticini.

Comme dans les tableau de Raphaël, qui aurait été son élève, il ne considère plus le paysage comme un simple élément décoratif de second plan mais il fait s’établir un dialogue entre le paysage et les figures du premier plan visant à inscrire celles ci dans un vaste espace selon des rapports harmonieux.

En 1485, Pietro Vanucci est nommé citoyen d’honneur de Pérouse, ce qui lui vaut son surnom de Perugin.

Considéré comme le meilleur peintre d’Italie de son époque, il ouvre deux ateliers à Pérouse et à Florence, pour faire face aux nombreuses commandes qui lui sont confiées.IL multiplie ses productions mais n’a plus le temps d’en assurer la réalisation seul et celles-ci perdent en qualité.

Entre 1496 et 1499,il réalise sur commande des moines bénédictins, un polyptyque pour l’autel de l’église Saint Pierre à Pérouse qui fut démonté à la fin du 16eme siècle lors de la rénovation de l’église. Le panneau central représentait notre tableau, l’ascension du christ et en cimaise Dieux en majesté. En bas des colonnes, six panneaux représentaient des saints bénédictins.

A la fin de sa vie, il travaille pour les principales églises des régions d’Ombrie et de Toscane mais aussi, à la demande du pape de l’époque, il réalise des décorations de voûte au Vatican.

La presque totalité de sa peinture aura été la représentation de scènes bibliques au travers de décorations d’intérieurs de bâtiments religieux.

Le Pérugin meurt de la peste en 1523 à environ 75 ans, toujours en activité de création pour de petites localités d’Ombrie.

Il sera un modèle pour Raphaël durant toute se carrière.

002

La remise des clés à st Pierre:

3.35mx5.5m

1482 fresque du Perugin et de ses assistants

Décoration de la chapelle Sixtine au Vatican

003

Le mariage de la vierge:

2.34mx1.86m

1501-1504

Commande destinée à la cathédrale San Lorenzo de Pérouse

Confisquée par les troupes de Napoléon 1er en 1797

Exposée 1798 à Paris parmi de nombreuses toiles saisies en Italie

Expédiée à Caen en 1804 avant l’ouverture du musée en 1809

Tentatives de récupération infructueuses entre 1814 et 1816

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

Le baptême du Christ:

3.35mx5.4m

1482 Le Perugin et ses assistants

Décoration de la chapelle Sixtine au Vatican

005

La Piéta:

1.68mx1.66m

1483-1495

Retable réalisé pour l’église du couvent des frères jésuites San Giusto Alle Mura

Pendant le siège de Florence destruction de l’église et transfert de la toile dans un autre couvent prés de Porta Romana

Emmenée à Paris suite au traité de Tolentino elle est repeinte en 1799 puis restituée pendant la restauration

Déplacé plusieurs fois le tableau est installé à là galerie des Offices à Florence

006

Portrait de Francesco Delle Opere:

1494

52cmx44cm

Huile sur bois

Ami du peintre tailleur de pierres précieuses

Galerie des Offices à Florence

007

Portrait de Lorenzo Di Credi:

1488

40cmx30.5cm

Huile sur bois

Peintre sculpteur de Florence contemporain du Perugin

National Gallery of Art à Washington

008

Apollon et Daphnis:

1483

39cmx29cm

Huile sur bois

Œuvre achetée en 1883 par le musée du Louvre attribuée à l’époque à Raphaël

009

La vierge au sac:

1495-1500

86.4cmx83.3cm

Huile sur bois

Réplique du tableau central du polyptyque de la chartreuse de Pavy actuellement à la National Gallery à Londres

Galerie Palatine Florence

010

La vierge à l’enfant entre les saints Jean-Baptiste et Sébastien:

1493

1.78mx1.64m

Commandé par Cornelia Salviati veuve d’un commerçant vénitien

Pour l’église du couvent San Domenico à Fiesole

Le Perugin a peint son épouse Chiara Fancelli pour représenter la vierge

Achetée en 1786 par le grand duc Léopold ll du Saint Empire pour la somme de 1000 écus

Entrant ainsi dans les galeries royales puis aux Offices de Florence

Restauré en 1995 avec récupération des accords chromatiques originaux ce qui a rendu visibles les moindres détails comme les veinures de la pierre sur la colonne de droite

Henri MATISSE

(recherches effectuées par Daïna, tartes aux pommes de Michel)

70
Henri MATISSE Jeune femme en blanc, fond rouge 1946

MATISSE Henri Emile Benoît ( 1869-1954 )

A- Chronologie des courants en peinture entre 1869 et 1954

L’impressionisme : mouvement qui ne concerne que la peinture et qui se définit comme la peinture du concret et du vivant, faisant entrer les émotions de l’extérieur vers l’intéreur.Ce mouvement ne dure qu’une dizaine d’années.

1- Impression, soleil levant - Claude MONNET

(« impression, soleil levant » Claude MONET).

Le postimpressionisme (1885-1905) : n’est pas vraiment un mouvement mais plutôt une rupture avec l’impressionisme jugé trop réaliste et qui prépare aux avant-gardes artistiques du XXème siècle

(« les joueurs de cartes » CEZANNE , « les terrassiers » SEURAT).

L’expressionisme (début du XXème siècle) : mouvement qui, en peinture, fait ressortir les émotions de l’intérieur vers l’extérieur; visions angoissantes qui traduisent le malaise social de l’époque (prémices de la guerre de 14-18) ; la réalité est complètement déformée, les formes, les couleurs, les textures servent à transmettre des sentiments de révolte et de douleurs personnelles

( « le cri » d’Edvard MUNCH ; « concert » de KANDINSKY ).

Le fauvisme ( 1900-1910 ) : mouvement essentiellement fondé sur la couleur

6- Femme_accoudée - Pierre BONNARD 1927

(« femme accoudée » de Pierre BONNARD).

«  La couleur surtout et, peut-être encore plus que le dessin, est une libération. »

Henri MATISSE

B- Henti MATISSE, vie et oeuvre

MATISSE naît à CATEAU-CAMBRÉSIS (59) le 31 décembre 1869, dans la maison de ses grands-parents maternels.

Ses parents tiennent un commerce dans la localité voisine : son père vend des grains et sa mère s’occupe du rayon couleurs . lIs le verraient bien prendre leur succession.

Peu de chose sur ses études au collège de SAINT-QUENTIN (59). En revanche au lycée il montre quelques facilités en cours de dessin et obtient même un 1er prix de dessin !

Ses parents, avant qu’il ne naisse, avaient travaillé à PARIS ; le père dans les tissus et la mère comme modiste. MATISSE aime les beaux tissus, les reproduit.

Mais il ne se destine pas à une carrière artistique. Il fait des études de droit, obtient sa capacité et travaille chez un clerc de notaire à SAINT-QUENTIN durant quelques années souvent interrompues par des soucis de santé – une appendicite chronique – et est amené à se faire opérer. Et c’est au cours d’une longue convalescence qu’il découvre la peinture. Il a 21 ans.

Il reprend son activité notariale, organisant sa journée entre les cours de dessin du matin à la Fondation QUENTIN-LATOUR qui forme des dessinateurs sur tissus, suivis d’une heure de peinture dans sa chambre avant de rentrer à l’étude en début d’après-midi, puis retour dans sa chambre pour peindre jusqu’à la nuit.

Il multiplie les visites aux musées de LILLE, CAMBRAIS, ARRAS, où il découvre GOYA, REMBRANDT, et les écoles du Nord.

Malgré l’opposition paternelle il part à PARIS en 1891 et commence un long apprentissage dans divers ateliers.

En février 1892 il échoue au concours d’entrée à l’Ecole des Beaux Arts et s’inscrit au cours du soir de l’Ecole des Arts Décoratifs.

Fin 1892 il entre dans l’atelier de Gustave MOREAU (peintre, graveur, sculpteur, dessinateur) où il découvre l’importance du dessin et la magie de la couleur .

Depuis 1893 il vit avec une jeune femme, Caroline JOBLAUD, qui lui donne une fille en 1894, Marguerite, fille qui veillera sur lui tout au long de sa vie.

En 1895 il s’installe Quai Saint-Michel, dans un immeuble, sorte de Bateau-Lavoir qui abrite artistes et musciens.

Le 1er avril 1895 il entre enfin à l’Ecole des Beaux Arts – 42ème sur 86- et se découvre un vif intérêt pour la vie au grand air. Ce qu’il cherche à rendre ne se trouve plus dans les musées mais à l’extérieur.

Il découvre l’année suivante BELLE-ILE en MER (56) et BEUZEC-CAP-SIZUN (29), sujets de nombreux tableaux.

Début 1898 il épouse Amélie PARAYRE qui lui donnera deux fils : Pierre et Jean. Ils passent tout l’été en Corse, traversent la Côte d’Azur, rejoignent TOULOUSE. Et là, révélation de la couleur ! La lumière envahit la toile et en même temps qu’il peint, il sculpte.

(«  L’homme nu » -1900, «  Notre-Dame au crépuscule » -1902, «  Sentier, bois de Boulogne »- 1902).

L’année 1904 est décisive : il rencontre Paul SIGNAC (« Le pin de BERTAUD »)

10- Le Pin de BERTAUD

– peintre paysagiste, proche du mouvement libertaire et à l’initiative du pointillisme avec SEURAT(« La Seine à Courbevoie »)

11- Seine_courbevoie - SEURAT

  – , passe l’été à St-TROPEZ avec lui, d’où naîtra « Luxe, Calme et Volupté ».

12- Luxe,calme et volupté 1904 86x116

Mais son engouement pour le pointillisme ne sera que de courte durée. Dès 1905 il ne pense plus que « couleurs » qu’il pose en larges à-plats et longues touches :

« Vue de Collioure », « La femme au chapeau », « Madame Matisse à la raie verte », œuvres qui font scandale au Salon d’Automne de 1905.

En dépit des critiques il a de fervents admirateurs et collectionneurs.

16- Paysage aux aloes 1907 73x60

« Paysage aux aloes » -1907 ).

La famille STEIN, d’origine américaine, et Serge CHTCHOUKINE, d’origine russe, collectionneurs d’art moderne, le soutiennent. Ce dernier lui commande deux grandes décorations « La Danse » et « La Musique » , œuvres épurées où règnent le bleu, le vermillon et le vert.

En 1908 il rencontre Félix FENEON, chroniqueur à la Revue Blanche (revue littéraire et artistique de sensbilité anarchiste) qui le fait prendre sous contrat chez BERNHEIIM-JEUNE (galiéristes, avenue Matignon à Paris).

Installé à ISSY les MOULINEAUX avec sa famille, il profite du jardin, de la lumière . Tapis, paravents, tentures, étoffes, objets de collection remplissent la maison.

MATISSE est fasciné par l’art oriental qu’il a découvert à l’exposition d’art musulman en 1903.

 Nature morte aux aubergines » – 1911, « L’atelier rose » – 1911)

En 1912, MATISSE et sa femme font deux séjours au MAROC. Zohra, une jeune prostituée, et Amido, le groom de l’hôtel, lui servent de modèles. Il en rapporte céramiques et tapis, mais surtout une frénésie pour les lumières et les bleus.

(« Madame Matisse » – 1912, « Zohra sur la terrasse » – 1912).

1914, la guerre est déclarée. 

23- Le rideau jaune 1914-1915 150x98

(«  Le rideau jaune »).

En 1916 ses deux fils sont au front. MATISSE va et vient entre PARIS et le SUD,

(« Les Marocains en prière », «  Les poissons rouges ».

Il rencontre BONNARD

26- Orange et eau - Pierre BONNARD

( « Orange et eau  »),

RENOIR, Juan GRIS

27 - Violon et miroir - Juan GRIS

(« Violon et miroir »).

Il s’installe à NICE en 1917 et partage sa vie entre Paris et Nice.

La guerre finie, il se laisse aller au bonheur de peindre. Ses modèles tiennent une grande place dans sa vie (Antoinette ARNOUD, Henriette DARRICARIERE,…). Cette dernière l’inspire pour ses odalisques.

 Odalisque à la culotte rouge », « Odalisque aux magnolias », « Odalisque assise ».

En 1930, il découvre une autre lumière, celle de TAHITI. Il y reste trois mois et en ramène le souvenir des ciels tahitiens, des paysages, des lagons, des couleurs.

En 1932 il rencontre Lydia DELECTORSKAYA, devenue son aide d’atelier, puis dame de compagnie d’Amélie MATISSE, son épouse. Elle l’inspire pour « La femme au corsage bleu ».

31- La femme au corsage bleu

Elle dira de lui :

« MATISSE n’a jamais imposé d’attitude à un modèle. Au premier abord, il disait au modèle : «  Asseyez-vous !». Pas plus. Ensuite il l’observait un moment en bavardant, puis allait chercher dans ses réserves – accumulées au cours de dizaines d’années – une robe ( européenne ou orientale ) ou un corsage, ou un peignoir qui conviendrait au type du modèle, et quelques bijoux de pacotille. Il les donnait à mettre au modèle qui, une fois habillé ainsi, se rasseyait, et H M commençait alors un dessin d’étude, en général au fusain. Au bout d’une dizaine de minutes, il s’arrêtait de travailler, se levait en disant : «  reposez-vous, bougez ! ». En déambulant dans la pièce, il observait discrètement le modèle, puis revenu à sa place, lui faisait prendre une pose ou une attitude harmonieuse qu’il avait remarquée au cours de ces dix minutes de détente. Alors il effaçait le dessin ébauché précédemment et se mettait à dessiner pour de bon. »

En 1939 il réalise les décors de « L’étrange Farandole » pour les ballets de MONTE-CARLO.

32- Etrange Farandole

Dès la déclaration de la guerre il quitte PARIS pour NICE.

En 1941, gravement malade, il est opéré. Monique BOURGEOIS qui assure les gardes de nuit, devient un de ses modèles, et, cinq ans plus tard devenue Soeur Jacques-Marie, l’incite à réaliser la chapelle de VENCE.

En 1943 il s’installe à VENCE , dans la villa « LE REVE », et peint une série d’intérieurs

33- Grand intérieur rouge

(« Grand intérieur rouge »).

En 1944 il apprend l’arrestation de Madame MATISSE et de sa fille, grandes résistantes. Marguerite, déportée, s’évade.

MATISSE ne cesse de travailler : gravure, eaux-fortes, lithographies, linoléum, pour accompagner des textes de RONSARD, MONTHERLANT, REVERDY, BAUDELAIRE, Charles d’ORLEANS.

(« illustration des florilèges de Ronsard », « illustration des amours de Ronsard », « illustration de Pasiphae de Montherlant », « illustration des jockeys camouflés de Reverdy »).

En 1947, cloué au lit, il ne peut plus peindre. Pour réaliser son album JAZZ, il invente une nouvelle façon de jouer avec les couleurs sans peinture ni pinceaux, et utilise des séries de collages de papiers colorés et découpés.

(photo de Matisse) – (« Le cauchemar de l’éléphant blanc », « Icare planche VIII », « Terre de compassion »).

Entre 1948 et 1951, il se consacre exclusivement à la chapelle de VENCE. Elle sera son chef d’oeuvre où dans le blanc de la lumière seront réunies toutes les couleurs.

(La chapelle du Rosaire à VENCE 1948-1951, La chapelle du Rosaire à VENCE 2, La chapelle du Rosaire à VENCE 3)

De 1951 à sa mort il crée essentiellement avec des gouaches découpées et collées.

Il meurt le 3 novembre 1954. Tenace, travailleur infatigable, angoissé, insomniaque, il répète souvent « que rien n’est donné, tout se gagne ».

70
Henri MATISSE Jeune femme en blanc, fond rouge 1946

C- « Jeune femme en blanc, fond rouge » – huile sur toile – 92×72,5

Cette œuvre s’inscrit dans un cycle de peinture débuté en 1946 alors qu’il réside à VENCE et juste avant qu’il ne s’occupe de la chapelle du Rosaire, cycle dans lequel il s’intéresse à la représentation de scènes d’intérieurs.

La femme qui pose est d’origine haïtienne.

Le tableau présente une femme assise, voire couchée, dans une bergère rayée, partiellement recouverte d’une fourrure tachetée de clair.

Visage souriant, robe bleue qui laisse les épaules dénudées.

Ses mains jointes en bas de sa taille, dessinent avec le haut de sa robe, un corsage en forme de cœur.

A sa gauche, une plante verte sur un meuble de la même couleur que les murs de la pièce.

Le sol est d’un rouge soutenu.

Une porte en arrière-plan, noire.

La femme est allongée selon une diagonale et vue en plongée.

Les formes sont simplifiées. Le visage se résume à quelques traits. Les mains sont suggérées.

Des lignes soulignent le contour des bras, la robe, le feuillage de la plante verte.

Ce tableau fait partie des dernières peintures chevalet de MATISSE.

Peint quelques mois après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce tableau évoque pourtant paix et sérénité.

Le bitume

bitume brut

(par Philippe)

Le bitume de Judée, une « maladie » de la peinture au 19ème siècle

D’origine fossile et pétrolifère le bitume ou bitume de Judée est utilisé dès l’antiquité pour calfater la coque des bateaux et comme combustible pour la guerre notamment.

A la Renaissance, ce produit va faire son entrée dans les Beaux Arts en étant utilisé comme glacis final sur certains tableaux, notamment avec Léonard de Vinci sur sa « vierge aux rochers »(ses fameux « sfumato ») (ce peintre génial tente tout au long de sa vie des expériences pour innover, cela bien souvent au détriment de la conservation des oeuvres comme par exemple avec « sa » cène de Milan).

La couleur d’un brun roux profond du bitume donne une chaleur qu’aucun pigment connu n’est capable alors de donner.

Mis en surface , l’incapacité de cette matière à sécher totalement n’est pas vraiment un souci et cela n’étame guère les couches inférieures.

En effet, des huiles mises à notre disposition (végétales, minérales et animales) seules les premières donnent une siccativité suffisante pour la réalisation de peinture (exceptée l’huile de ricin). On utilise principalement de l’huile de lin mais l’huile de noix ou d’olive peuvent aussi bien convenir.

Le bitume, donc, quant à lui, d’origine minérale, ne sèche jamais tout à fait et donc ne donne pas aux couches de peinture une immobilité parfaite (sans parler des écarts de température qui peuvent rendre le bitume plus liquide).

Cette caractéristique sera fatale pour bon nombre de tableaux exécutés durant tout le 19ème siècle.

Avec l’avènement de la peinture romantique et son goût prononcé pour les ténèbres, les mystères, les forêts profondes etc… les peintres cherchent une couleur susceptible d’assombrir leur réalisation sans pour autant les « tuer » par une noirceur excessive que les noirs (noir de Mars, noir d’ivoire, noir de vignes) portent en eux. Le Bitume leur semble alors être la couleur rêvée pour parvenir à leur fin et ils vous donc en user plus que de raison dans les couches initiales qui rendront à terme pratiquement invisibles leurs tableaux quelques décennies plus tard.

Cette matière s’immisce dans les couleurs voisines, envahit l’ensemble des couches et le tableau se boursoufle, se craquelle sans remède possible.

Il semble que ce soit Paul Pru’dhon (Cluny 1758-1823) qui introduit cette pratique malheureuse en France.

Géricault, Delacroix, Courbet, Ingres suivront, accompagnés de toute une cohorte de peintres dit pompiers de l’époque.

Les effets désastreux apparaissant rapidement, on n’utilisera plus ce produit après 1880.

A la même époque Nicéphore Niepce utilise le bitume de Judée pour réaliser la première photographie.

Aujourd’hui, ce produit est toujours utilisé en Beaux Arts pour la réalisation de vernis pour la gravure.